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passages tv radio & co

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Balao

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptySam 1 Déc 2012 - 2:26

Très beau concert. drunken même si j'étais tout derrière et que je n'avais pas une très bonne visibilité. Benjamin semblait particulièrement en forme.
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zazie1405

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptySam 1 Déc 2012 - 12:29

Merci pour les videos de super qualité ! Concert très sympa en effet, j'ai hâte d'être au Casino de Paris...
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M. Clown

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptySam 1 Déc 2012 - 13:59

Killua01 a écrit:
Personnellement, j'imagine plutôt des titres laissés de côté comme "Je ne passerai pas l'hiver". S'ils sont tous dans cette veine là, je suis preneur personnellement Wink

Preneur aussi ; j'adore ce titre.
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M. Clown

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptySam 1 Déc 2012 - 14:52

Merci à Qu'est-ce et C-M.
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éphèse

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptySam 1 Déc 2012 - 18:34

Merci pour les vidéos et puis un grand merci à Monsieur Biolay d'avoir fait ce concert en acoustique gratos, je trouve cela vraiment classe et sympa et puis un grand merci aux musiciens qui l'ont accompagné......... Faut croire que Monsieur Biolay a tout compris......... passages tv radio & co - Page 32 66334 passages tv radio & co - Page 32 6301 passages tv radio & co - Page 32 66334
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lili

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyDim 2 Déc 2012 - 11:21

merci pour la peine cma et pour les cr à qu'estce et toi passages tv radio & co - Page 32 883798

je ne connaissais pas cette 'jolie louise', les autres étaient super bien exécutées Smile


nb : je me suis permise d'éditer pour le titre d'edwyn collins ;-)

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. merci pour le grand huit .
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éphèse

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyDim 2 Déc 2012 - 13:00

Benjamin Biolay - Ton héritage (Showcase @ Fnac Montparnasse - 30/11/2012)



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chtite-marie

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyDim 2 Déc 2012 - 13:17

lili a écrit:
merci pour la peine cma et pour les cr à qu'estce et toi passages tv radio & co - Page 32 883798

je ne connaissais pas cette 'jolie louise', les autres étaient super bien exécutées Smile


nb : je me suis permise d'éditer pour le titre d'edwyn collins ;-)

https://www.youtube.com/watch?v=bBONK5qyZZU version Raphaël qui oublie les paroles Wink du coup je connaissais depuis qqs années
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Melle Céline

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyLun 3 Déc 2012 - 20:28

Est ce quelqu'un parmi vous sait si d'autres émissions radios ou TV de promo sont prévus ? Demain soir il y a l'enregistrement de Ce Soir Ou Jamais donc j'aurais voulu savoir si il y a avait d'autres "tournages" en vus ?
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lili

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyLun 3 Déc 2012 - 23:55

je n'ai rien croisé, peut être en gardent ils aussi pour la promo de la tournée dans 2/3 mois Wink

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 13:09

Vava3003 a écrit:
Dans Ce soir ou jamais, sur France 3 en décembre, Frédéric Taddei, avec la complicité du programmateur musical de l’émission Nicolas Preschey, recevra notamment sur son plateau :
Mardi 4 décembre : Benjamin Biolay, dont le dernier album, Vengeance, vient de sortir.

http://www.france3.fr/videos/000561206_CAPP_BENJAMINBIOLAYProfite04122012_051220121212_Au
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lili

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 13:54

merci qu'estce , cette (ces , mais encore plus là) version acoustique va(vont) finir par me faire aime le titre, très chouette


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Fred

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 14:37

Merci ! Vachement bien.
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Melle Céline

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 20:28

Impossible de retrouver l'interview vidéo "Hep Taxi" seulement des extraits d'1 minutes 3O. Il n'est plus possible de le trouver en entier ? Quelqu'un ici ne l'aurait pas extrait ? Merci d'avance !
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Marion02

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 21:38

très jolie version! merci qu'est-ce
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M. Clown

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 21:39

Merci beaucoup Qu'est-ce!!!
Très jolie version de Profite. Très bonne prestation de Nico et Denis ; B.B. est vraiment très bien entouré. B.B. vraiment à l'aise et encore meilleur.
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melvil75

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyMer 5 Déc 2012 - 22:50

Merci Qu'est ce

Elle donne vraiment bien en "purement acoustique" également
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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyJeu 6 Déc 2012 - 18:17

zazie1405 a écrit:
Je reviens du Grand Studio d'RTL : BB a chanté "Aime mon amour", "Brandt Rhapsody" avec Jeanne Cheral, "Profite", "Marlène déconne", "Dis ,quand reviendras-tu" avec Daphné et fini avec "La Superbe".


Quelques vidéos sur Dailymotion drunken
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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyJeu 6 Déc 2012 - 18:43


Pour Mlle Celine : Hep Taxi du 11/11/2012


Benjamin Biolay dans le taxi de Jérôme Colin : L’interview intégrale diffusée le dimanche 11 novembre à 23h05 sur la Deux

source : http://ds2.ds.static.rtbf.be/article/pdf/biolay-1352451801.pdf

J’ai arrêté d’avoir un studio chez moi !
JÉRÔME COLIN: Bonjour. BENJAMIN BIOLAY : Bonsoir.
JÉRÔME COLIN : On fait un tour ?
BENJAMIN BIOLAY : Ouais. On va vers la place Flagey, on fait un petit tour.
JÉRÔME COLIN : Vous connaissez bien Bruxelles ?
BENJAMIN BIOLAY : Je connais pas mal oui.
JÉRÔME COLIN : Ce sont vos endroits de prédilection.
BENJAMIN BIOLAY : Je travaille le jour donc je ne connais que les endroits de nuit en fait.
JÉRÔME COLIN : Et ?
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
BENJAMIN BIOLAY : Justement le quartier là-bas j’aime bien, particulièrement l’été. Quand il y a des films en plein air, c’est chouette.
JÉRÔME COLIN : C’est mon quartier général aussi.
BENJAMIN BIOLAY : Ah ouais ?
JÉRÔME COLIN : Oui. Deux bars…
BENJAMIN BIOLAY : Quoi ? Le Tigre.
JÉRÔME COLIN : Oui, le Tigre, le Murmure et le Bar du Marché.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, le triptyque.
JÉRÔME COLIN : Vous les connaissez ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : On en ressort toujours bien dans sa peau.
BENJAMIN BIOLAY : Oui on est bien là-bas.
JÉRÔME COLIN : Trop bien des fois.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, beaucoup trop bien.
JÉRÔME COLIN : Je suis content de vous avoir là.
BENJAMIN BIOLAY : Plaisir.
JÉRÔME COLIN : Je pourrais vous expliquer pourquoi mais ça prendrait vraiment beaucoup de temps.
BENJAMIN BIOLAY : C’est vrai ? C’est la tempête, c’est ça qui bloque tout ?
JÉRÔME COLIN : Ah oui, ils ont fermé le Bois de la Cambre. Et une fois qu’ils ferment le Bois c’est juste mort. Partout dans Bruxelles. En même temps c’est une bonne météo pour faire une promenade avec vous je trouve, une tempête, non ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui c’est bien.
JÉRÔME COLIN : Ça vous va pas mal.
BENJAMIN BIOLAY : Ça me va pas mal. Je n’aime pas que ça hein mais là c’est assez beau en plus.
JÉRÔME COLIN : Oui, des beaux ciels. Après. Vous avez vu un film qui s’appelle « Take Shelter » ?
BENJAMIN BIOLAY : « Take Shelter » ? Je crois bien. C’est quoi déjà ?
JÉRÔME COLIN : C’est un mec qui a peur qu’il y ait une tornade dans le centre des Etats-Unis et qui construit un abri anti atomique dans son jardin.
BENJAMIN BIOLAY : Non.
JÉRÔME COLIN : C’est juste dingue.
BENJAMIN BIOLAY : Avec qui ?
JÉRÔME COLIN : C’est avec Michael Shannon et Jessica Chastain. Un film de Jeff Nichols.
BENJAMIN BIOLAY : Oui donc c’est récent.
JÉRÔME COLIN : Oui.
BENJAMIN BIOLAY : Ça ne fait pas très longtemps qu’on la connaît, Jessica Chastain.
JÉRÔME COLIN : Depuis ???
BENJAMIN BIOLAY : Oui c’est ça.
JÉRÔME COLIN : Vous êtes cinéphile ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. J’aime bien. Mais avec du retard souvent, en DVD ou en paperview, je ne sais pas comment on dit. Je n’ai pas le temps d’aller trop en salle.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. C’est ce que je préfère quand même.
JÉRÔME COLIN : Pas le temps parce que vraiment vous travaillez tout le temps ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Quand même. BENJAMIN BIOLAY : Oui quand même. Et puis j’ai ma vie de famille à côté donc…
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
JÉRÔME COLIN : Les gens ont toujours l’impression que les chanteurs, compositeurs, bossent quand même pas beaucoup.
BENJAMIN BIOLAY : Souvent ils ont raison.
JÉRÔME COLIN : Ils font 13 chansons tous les 3 ans et…
BENJAMIN BIOLAY : Pour certains d’entre eux ils ont parfaitement raison je crois. Non mais il y a beaucoup de gens qui bossent énormément.
JÉRÔME COLIN : Vous, ça veut dire quoi travailler ? A votre musique je parle. C’est quoi ?
BENJAMIN BIOLAY : Je ne me rends pas compte en fait que je travaille…c’est juste que comme c’est ma passion j’ai un peu la même façon de faire que quand j’avais 14 ans où c’était du plaisir qui était volé sur le reste du temps et j’ai un peu l’impression de faire la même chose sauf que ça dure des heures, des heures… et puis je vois les jours qui passent, le petit journal de bord, les trucs cochés quand c’est fait.
JÉRÔME COLIN : Ça c’est la composition vraiment.
BENJAMIN BIOLAY : Je fais un peu tout en même temps, c’est un grand bordel jusqu’à ce que ce soit fini, c’est parfois difficile à comprendre.
JÉRÔME COLIN : Vous avez un studio chez vous ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. J’en avais avant et comme je suis quand même un mordu de musique, c’est difficile d’avoir une vie…
JÉRÔME COLIN : Si on a un studio chez soi.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ? A ce point ?
BENJAMIN BIOLAY : Je ne sais pas maintenant, à l’âge que j’ai maintenant, je vais bientôt avoir 40 ans, c’était il y a 15 ans que j’ai arrêté d’avoir un studio chez moi, vraiment je passais… enfin si j’y allais c’était mon abri atomique à moi. J’en sortais barbu.
JÉRÔME COLIN : Carrément.
Pourquoi ne pas tenter la quarantaine joyeuse !
JÉRÔME COLIN : Les 40 ans qui arrivent, c’est un soulagement ou une angoisse de plus ? Moi aussi ils arrivent.
BENJAMIN BIOLAY : Oui ? Ben je ne sais pas. Vous alors ?
JÉRÔME COLIN : Pff. Les 6 derniers mois n’ont pas été déments.
BENJAMIN BIOLAY : Moi ce n’est pas toujours dément donc je me dis que pourquoi ne pas tenter la quarantaine joyeuse.
JÉRÔME COLIN : Vous y croyez.
BENJAMIN BIOLAY : Non. Je n’ai pas dit ça, j’ai dit que j’allais le tenter puisque c’est un nouveau cycle.
JÉRÔME COLIN : A fond. La trentaine n’était pas mal ou elle a été…
BENJAMIN BIOLAY : Chaotique, avec des hauts et des bas, des très hauts et des très bas. Alors que la vingtaine je trouve que c’est plutôt des hauts et des bas, la trentaine tout est un petit peu…
JÉRÔME COLIN : Plus fort ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui plus intense, c’est avec les responsabilités aussi, avec les choix de vie qui sont des choix de vie qui impliquent d’autres personnes, d’autres trucs.
JÉRÔME COLIN : Oui carrément. Et c’est quoi les très hauts de votre trentaine ?
BENJAMIN BIOLAY : La naissance de ma fille qui est née l’année de mes 30 ans et tout, et ça a été… depuis, enfin pendant toute cette période, pendant ma trentaine et ça continue, le très haut devrait être la chose la plus…
JÉRÔME COLIN : Carrément.
BENJAMIN BIOLAY : Importante et la plus chouette en plus. Parce qu’on n’imagine jamais vraiment comment ça va être et puis on ne sait pas du tout la personne qu’on va rencontrer mais j’ai rencontré une fille super chouette.
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JÉRÔME COLIN : C’est terrible hein d’avoir une fille. C’est très spécial. C’était une nécessité chez vous d’avoir un enfant à cet âge-là ? Ça criait comme chez les femmes ?
BENJAMIN BIOLAY : Ça commençait mais ça aurait pu être plus long. Ce n’est pas non plus l’implosion mais oui j’en avais envie. Parce qu’on dit souvent que les hommes peuvent en avoir plus longtemps envie que les femmes pour des raisons biologiques, c’est un peu vrai mais enfin je n’ai pas envie d’avoir un enfant qui du haut de ses 20 ans regarde son croulant de père de 86 ans quoi. Enfin y’a des mecs qui font des enfants à des âges pharaoniques, je trouve ça un peu irresponsable et un peu egocentrique parce qu’un enfant ça a besoin de ses parents longtemps.
JÉRÔME COLIN : En même temps on m’a dit qu’il y avait des enfants qui se barraient très vite de chez eux.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, il y en a qui partent.
JÉRÔME COLIN : Ce qui fut votre cas, non ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
Petit, la musique c’était vraiment un boulet !
JÉRÔME COLIN : Vous vous êtes barré super tôt.
BENJAMIN BIOLAY : Oui mais c’était… c’était nécessaire. Il y a des moments… il y a des choses nécessaires.
JÉRÔME COLIN : Ce n’est pas un caprice d’ado.
BENJAMIN BIOLAY : Non, pas du tout. Non c’était une nécessité pour pouvoir continuer à faire ce que je voulais faire.
JÉRÔME COLIN : La musique.
BENJAMIN BIOLAY : Oui la musique.
JÉRÔME COLIN : Mais comment ça vous est venu si tôt ? Moi j’ai jamais su ce que je voulais faire, et encore aujourd’hui.
BENJAMIN BIOLAY : Mais parce que je ne le voyais pas du tout comme un métier. Quelque part je n’ai jamais su ce que je voulais faire. Je ne sais pas si j’ai la fibre d’un avocat, d’un médecin ou d’un glandeur. Je n’en sais rien du tout. Parce que je n’ai jamais eu en fait à m’orienter réellement professionnellement avec tout ce que ça a de lourd. On m’a proposé une bourse d’étude au Conservatoire, je l’ai prise, ça m’a permis de me tirer de ma ville natale, qui était une ville moyenne, sous-préfecture française de province, je m’emmerdais et surtout il n’y avait pas de studio, de salle de rock, de machins, de trucs, et donc j’ai profité de la musique classique que je faisais parallèlement pour m’envoler. C’était très bien. Et tout s’est embrayé. Le moment où j’aurais dû légitimement commencé à me poser des questions d’ordre économique, tout ça, ben c’est le moment où ça a commencé à marcher, vers 26 ans. C’est vrai que si ça avait duré comme ça un petit peu, pas le marasme mais dans un truc complètement flou, je me serais tout de même poser des questions.
JÉRÔME COLIN : Le virus de la musique, il est venu par votre père ?
BENJAMIN BIOLAY : Sans doute. Je pense que ça aide mais au départ c’était plus la punition que m’infligeait mon père. JÉRÔME COLIN : Le Conservatoire, on fait de la musique classique.
BENJAMIN BIOLAY : Ouais, jouer du violon quand on est petit… Je jouais au foot, c’était plus mon…
JÉRÔME COLIN : Jouer du violon quand on est petit…
BENJAMIN BIOLAY : Oui, j’avais un deal, foot contre violon.
JÉRÔME COLIN : Ah ouais !
BENJAMIN BIOLAY : Avec mes parents. Ce n’était pas trop mon truc. Vraiment je le faisais… Ça paraît surréaliste ce que je dis mais la musique c’était vraiment, dans ma vie c’était le boulet !
JÉRÔME COLIN : Votre fille joue du violon ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. Pour l’instant elle n’a pas envie d’avoir de professeur et j’attends qu’elle ait le déclic de la musique pour l’orienter vers un truc bien mais ce n’est pas la peine de l’emmerder avec les trucs qu’on m’a fait faire.
JÉRÔME COLIN : Vous ça a été violon, trombone…
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BENJAMIN BIOLAY: Violon, tuba, trombone.
JÉRÔME COLIN : Et ça vous a toujours fait chier.
BENJAMIN BIOLAY : Pas le trombone.
JÉRÔME COLIN : Ah, ok.
BENJAMIN BIOLAY : Mais ce n’était pas l’amour de ma vie le trombone. C’était un truc que j’aimais bien, d’ailleurs j’aime bien en jouer, je joue plutôt de la trompette, je me suis un peu reconverti, c’est un peu lourd un trombone, puis dur à trimballer, mais non j’aimais bien. J’ai eu la chance de rencontrer un professeur de trombone génial, deux professeurs de trombone formidables, donc non c’était chouette. Puis j’ai gagné un peu ma vie avec.
JÉRÔME COLIN : Comment ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben dans les orchestres, ce qu’on appelle les cachetons, dans les orchestres, des groupes de zouk, de rock, de reggae.
JÉRÔME COLIN : Ok. Il n’y avait que de la musique classique chez vous à la maison ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Exclusivement.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Donc le rock était comme une rébellion…
BENJAMIN BIOLAY : Si vraiment c’était la grosse, grosse teuf, c’était Aznavour. Que j’adore. J’adore Charles Aznavour.
JÉRÔME COLIN : On poussait les meubles.
BENJAMIN BIOLAY : Waw…
JÉRÔME COLIN : Et comment c’est arrivé alors le rock ?
BENJAMIN BIOLAY : Déjà mes parents, comme tous les gens, avaient été jeunes et ils avaient une petite collection de 45 T et de LP des Beatles et d’Elvis, comme beaucoup de gens, en même temps c’est juste merveilleux de tomber sur eux donc j’écoutais les Beatles d’une manière très décousue, parce qu’ils n’avaient pas suivi toutes les périodes, il y avait un vieux trou entre « Help » et « Something » par exemple. Et puis après, moi j’ai une très grande famille, ma mère a 13 frères et soeurs, donc on est pratiquement des centaines de cousins, et j’ai plutôt grandi avec mes grands cousins comme des grands frères. J’ai deux soeurs et j’ai toujours eu l’impression d’avoir eu des frères avec mes cousins, et j’ai un de mes cousins qui avait monté une radio associative qui s’appelait H2Ondes, à l’époque de la libéralisation des ondes FM en France, et il passait que des trucs pointus, mais alors ça jonglait, on passait des Smiths en passant par Public Enemy puis un coup de Klaus Nomi, tu vois c’était super, toute la musique qu’on n’entendait pas ailleurs. Et des Français aussi.
JÉRÔME COLIN : Qui ?
BENJAMIN BIOLAY : Et des Belges. T.C. Matic, Mitsouko, un petit coup de Niagara, tous des trucs qui avaient…
J’ai fait ma vie à 15 ans !
JÉRÔME COLIN : Quand vous vous barrez, vous avez quel âge ? Au Conservatoire ?
BENJAMIN BIOLAY : J’ai été pris au Conservatoire à 14 ans mais je me suis vraiment barré de Villefranche sur Saône, ma ville, à 15 ans. Je n’y suis pas allé pendant 10 ans, de 15 à 25.
JÉRÔME COLIN : Carrément !
BENJAMIN BIOLAY : Oui j’ai fait ma vie.
JÉRÔME COLIN : A 15 ans.
BENJAMIN BIOLAY : Oui mais bon… 15, 16 ans. Non mais ça va, c’était… J’étais bien entouré, j’ai rencontré des gens supers. La notion de chance elle est…
JÉRÔME COLIN : Pour ce coup-là oui.
BENJAMIN BIOLAY : Oui moi j’ai eu beaucoup de chance dans ma vie.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ?
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
BENJAMIN BIOLAY : C’est impressionnant, oui. Au départ ça paraissait bien plombé, bien difficile d’en faire quelque chose de cette vie, vu les circonstances de la vie économique, sociale etc… et puis après je ne sais pas, ça s’est débloqué, j’ai eu une succession de coups de bol. Malgré tout le travail qu’on peut effectuer, s’il n’y a pas un moment le coup de bol… et surtout l’intelligence qui va avec le coup de bol, c’est de ne pas le laisser passer. Même si ça paraît saugrenu.
JÉRÔME COLIN : C’était quoi votre coup de bol ?
BENJAMIN BIOLAY : J’en ai plein, vraiment.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : En même temps les chansons il fallait les torcher.
BENJAMIN BIOLAY : Mais après c’est grâce à tous ces coups de bol que je me suis construit, que j’ai eu une vie enrichissante, que j’ai rencontré des gens, que j’ai vécu des situations inspirantes. Mais ce que je disais avant, c’est vrai, il faut la saisir la chance, il ne faut pas être con, parce qu’il y a des moments ça paraît saugrenu ou impossible ou trop flippant, mais il faut y aller.
JÉRÔME COLIN : Vous avez cette capacité là. A savoir que c’est maintenant.
BENJAMIN BIOLAY : A être un peu fou fou, oui, par moment à prendre des décisions bien radicales, bien drastiques, oui.
JÉRÔME COLIN : Quoi par exemple ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben pour me barrer de ma ville, après de me barrer un jour à Lyon, pourtant j’étais bien, je travaillais avec le groupe le plus célèbre en France d’ailleurs, qui s’appelle L’Affaire Louis Trio, c’était cool, j’aurais pu avoir une vie très chouette mais je me suis dit je pars, il faut que j’aille voir à Paris comment ça se passe, parce qu’on y passait de temps en temps et c’était frustrant, je me rendais compte que les artistes habitaient tous à Paris, ils se voyaient, ça créait une émulation et nous on était à Lyon, on était les princes de la ville donc il n’y avait aucune émulation, clairement. On rentrait dans les bars, c’était les courbettes, tout le monde connaissait Hubert, le chanteur, l’admirait et l’appréciait. Le côté prince de la ville c’est pas du tout enrichissant, il y a un moment, assez vite on a le cul sur des coussins en soie et…
JÉRÔME COLIN : C’est con pour vous parce que 25 ans plus tard c’est pour votre gueule.
BENJAMIN BIOLAY : Comment ?
JÉRÔME COLIN : Le prince de la ville.
BENJAMIN BIOLAY : Non, rien à voir.
JÉRÔME COLIN : Non ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. C’est aussi une façon de… les gens ont changés, il y a moins de… c’est moins déroutant pour les gens de voir des gens qui passent à la télé, enfin il y a un truc qui… ensuite je n’ai pas vraiment de ville à moi, je bouge pas mal, j’habite à Paris mais je viens d’ailleurs et j’irai sans doute ailleurs plus tard, et puis moi j’ai une vie banale. Donc quand je vais au restaurant je ne demande pas la grosse table, je n’arrive pas avec un costume à 10 patates sur moi. A l’époque on était très…
JÉRÔME COLIN : C’est ça oui.
JÉRÔME COLIN : Vous dites : au début c’était mal barré, mauvaise ville, mauvaise condition sociale, mauvaise condition financière…
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : C’est une réalité ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui ! Une super famille et tout, dans l’ensemble, mais oui avec des situations économiques limitées par exemple, ce qu’on appelle le Smic, avec 3 enfants, pour mon papa, donc ce n’était pas… on sait que les parents ne peuvent pas…
JÉRÔME COLIN : Mais quand même une éducation vraie malgré le Smic.
BENJAMIN BIOLAY : Oui parce qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie justement, même si mon papa vient d’une famille qui a eu pas mal de pognon. Donc lui a une éducation assez bourgeoise, assez haut de gamme, où on faisait
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du classique, on faisait du théâtre et tout, mais en descendant un peu l’ascenseur social du fait des errances de son père il n’a pas pour autant lâché l’affaire, donc c’est ça qui est admirable.
JÉRÔME COLIN : On s’en rend compte quand on est adulte.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Mais pas trop tard.
BENJAMIN BIOLAY : Non.
JÉRÔME COLIN : C’est bien ça aussi.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. C’est bien de savoir d’où on vient et puis pourquoi… ne pas rejeter la responsabilité sur les gens, c’est les situations qui peuvent être compliquées.
JÉRÔME COLIN : Mais le mode de pensée dans ces familles-là vous a aussi posé des problèmes ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui je me suis construit en opposition quand même.
JÉRÔME COLIN : Comment ?
BENJAMIN BIOLAY : Je me suis construit en opposition pas mal par rapport à…
JÉRÔME COLIN : C’est marrant parce que vous avez l’air tellement calme, timide.
BENJAMIN BIOLAY : Oui c’est ce que je suis. Je viens plutôt d’une famille bagarreuse, grande gueule… Quand même on fait du bruit. On vient du Beaujolais donc c’est des bons vivants, il y a un truc…
JÉRÔME COLIN : Un truc qui va avec le vin. Et en opposition à quoi vous vous êtes construit ?
BENJAMIN BIOLAY : Certains modes de pensée, un certain isolationnisme, un certain aveuglement, une espèce d’oeillères un peu permanentes.
JÉRÔME COLIN : Pas trop de rêves mon petit !
BENJAMIN BIOLAY : Oui on est des petites gens qu’on entend pas mal. Nous on est des petites gens. Que ma grand-mère devait dire aussi, du côté maternel, oui on est très nombreux et puis comme c’est… les très grandes familles souvent vivent en vase clos et en fait l’étranger c’est un peu l’ennemi, il est suspect. Un peu « La guerre des boutons ». Le village d’à côté déjà c’est des relous alors l’Argentine ça n’existe même pas. Je peux fumer ?
JÉRÔME COLIN : Oui.
BENJAMIN BIOLAY : C’est cool.
JÉRÔME COLIN : C’est autorisé.
BENJAMIN BIOLAY : Mais je n’émets aucun jugement, c’est juste que moi je voulais être différent.
JÉRÔME COLIN : Et vous avez réussi à être différent ?
BENJAMIN BIOLAY : En grande partie oui.
JÉRÔME COLIN : Pas à cause du boulot hein, vous.
BENJAMIN BIOLAY : Moi oui. Non pas à cause du boulot. Le boulot il aurait tendance à me replier sur moi-même aussi et à me faire vivre en communauté.
JÉRÔME COLIN : A cause de la notoriété ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui puis les collègues de travail qui sont…
JÉRÔME COLIN : Chouettes.
BENJAMIN BIOLAY : La notoriété c’est relatif, ce n’est pas un truc…
JÉRÔME COLIN : Ce n’est pas un truc qui vous étouffe.
BENJAMIN BIOLAY : Très rarement, franchement.
Les gens de chez Virgin ont entendu mon premier disque 2 ans avant qu’il sorte !
JÉRÔME COLIN : Vous vous souvenez du moment où vous avez écrit vos premières chansons ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui !
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ? Quel âge ?
BENJAMIN BIOLAY : 13 je crois. Enfin, ma première chanson finie, couplet et refrain avec une guitare qui avait 4 cordes.
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JÉRÔME COLIN : Et quoi on la fait écouter aux filles qui ne sont pas trop loin ou on ne la fait écouter à personne ?
BENJAMIN BIOLAY : Non, je la fait écouter à mon cousin qui était le bassiste du groupe, machin, il me dit ça c’est cool, ça c’est naze, puis on la répète, puis après elle meurt de sa belle mort. C’est-à-dire c’est éphémère.
JÉRÔME COLIN : Ce n’était pas un truc pour les filles quoi. Un truc pour vous.
BENJAMIN BIOLAY : Non, vraiment j’ai jamais fait de la musique pour les filles.
JÉRÔME COLIN : Gamin, non ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. Non je n’avais pas de problème avec les filles. C’est aussi un truc, voilà, si ça se passe bien avec les filles on ne va pas faire de la musique pour les filles.
JÉRÔME COLIN : Ça s’appelait comment cette chanson ? Vous vous souvenez ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. C’était en anglais. Enfin, c’était en anglais… une sorte d’anglais… je cherche là…
JÉRÔME COLIN : Quoi, c’était un groupe de rock rock ?
BENJAMIN BIOLAY : On pastichait les Smiths, on jouait du Smiths, on les pastichait, oui. De temps en temps un petit pastiche de Lennon, bien raté. Tentative de funk pourrie, Beastie Boys à chier. Nous on s’éclatait, on avait un sentiment de toute-puissance, mais on a joué deux fois devant des gens mais on n’en avait rien à foutre des gens, vraiment c’était dans le garage…
JÉRÔME COLIN : C’est génial cette époque.
BENJAMIN BIOLAY : C’est génial ce sentiment, pas de toute puissance mais d’avoir fabriqué un monde parallèle dans lequel personne ne peut venir nous emmerder.
JÉRÔME COLIN : Eh oui. Et votre premier album Benjamin Biolay vous le sortez quand ?
BENJAMIN BIOLAY : Je l’ai sorti en 2000, 2001, je ne sais plus mais il était enregistré depuis 2, 3 ans. 2 ans.
JÉRÔME COLIN : Et il sort tard parce que vous ne trouvez pas personne pour….
BENJAMIN BIOLAY : Si, j’étais déjà chez Virgin mais j’avais autre chose à foutre…
JÉRÔME COLIN : Que de sortir mon premier album.
BENJAMIN BIOLAY : Oui j’avais l’album de Keren Ann, l’album d’Henri Salvador à faire, l’album de ma petite soeur à faire…
JÉRÔME COLIN : Vous faites ça avant de sortir votre premier disque ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben oui, il y a eu un drôle d’agenda et puis je me suis dit bon…
JÉRÔME COLIN : Et tout s’est fait en même temps.
BENJAMIN BIOLAY : Oui à peu près. Après on a sorti le disque quand j’ai eu le temps.
JÉRÔME COLIN : En fait les gens ont entendu votre disque, les pros ont entendu votre disque, c’est ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Les gens de chez Virgin ont entendu mon disque 2 ans avant qu’il sorte.
JÉRÔME COLIN : C’est comme ça que vous avez pu bosser sur « Jardin d’hiver » d’Henri Salvador.
BENJAMIN BIOLAY : Oui entre autre, pour ce que j’avais fait surtout sur Keren Ann aussi oui. Puis parce que j’ai rencontré Henri et qu’on a eu envie de faire de la musique ensemble. Visiblement c’est un trombone qu’on entend.
JÉRÔME COLIN : C’est un trombone ça ? C’est dingue.
ARRET TROMBONE
Un texte d’une chanson c’est une page, un texte de hip-hop c’est 10 pages !
JÉRÔME COLIN : Le hip-hop c’est hyper important hein.
BENJAMIN BIOLAY : Ben pour tous les gens de ma génération.
JÉRÔME COLIN : Ouais. Quoi que non y’en a qui sont passés à côté.
BENJAMIN BIOLAY : Je ne connais pas beaucoup de gens, même des gens qui écoutent de la bonne musique bien blanche et tout qui n’a pas 1 ou 2 titres d’NTM en France… Y’a quand même…
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JÉRÔME COLIN : Mais vous c’est une des musiques qui vous branche le plus quand même. Votre dernier album il y a quand même 2…
BENJAMIN BIOLAY : Oui et puis il y a toujours eu des allusions… Oui c’est une musique qui me branche le plus, c’est une bonne musique. Puis je suis parolier et je trouve que le hip-hop c’est un formidable moyen d’expression. Un texte de chanson c’est une page, un texte de hip-hop c’est 10 pages. J’ai vu quand les rappeurs sont venus poser, il y avait des pages et des pages de trucs sur son IPhone. Il rap en regardant son IPhone.
JÉRÔME COLIN : Ça vous a tenté ?
BENJAMIN BIOLAY : D’être MC non jamais, non.
JÉRÔME COLIN : Mais pourquoi finalement ?
BENJAMIN BIOLAY : MC non !
JÉRÔME COLIN : Ce n’est pas dans vos gènes.
BENJAMIN BIOLAY : Si peut-être mais je ne sais pas ce que j’aurais pu raconter de très intéressant.
JÉRÔME COLIN : Ben la même chose que dans vos chansons.
BENJAMIN BIOLAY : Oui voilà mais j’aurais fait un truc peut-être à la street je ne sais pas quoi mais une fois que j’aurais dit que je nique la police une fois je pense que ça m’aurait suffi en fait, même si je le pense par moment, comme tout le monde, et par moment pas. Mais non les revendications sociales, je préfère militer pour ça. Après c’est comment on compartimente sa vie, ses obsessions…
Le couple c’est une association et comme beaucoup d’association ça peut ne durer qu’un temps !
JÉRÔME COLIN : Vous quand on écoute vos disques, on est en contact direct avec les vôtres, d’obsessions ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Vous en avez conscience et y’a pas de problème avec ça, de planter le clou comme ça ?
BENJAMIN BIOLAY : C’est les gens qui me ramènent à ça mais enfin il ne faut pas flipper, c’est comme ça.
JÉRÔME COLIN : Oui, c’est le principe d’une obsession d’ailleurs.
BENJAMIN BIOLAY : Oui puis tous les gens qui font soit de l’artisanat, soit de l’art, ils ont des marottes, des obsessions toute leur vie.
JÉRÔME COLIN : Vous les expliquez les vôtres ?
BENJAMIN BIOLAY : Non.
JÉRÔME COLIN : Ce qui revient dans vos chansons, quand vous prenez le stylo et vous dites : j’y suis encore, à cet endroit-là.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, sur le coup je ne m’en rends pas compte. C’est quand j’ai fini de mixer la chanson ou quand je l’entends par hasard, je me dis tiens, vraiment, t’as toujours pas réglé ça mon vieux, mais…
JÉRÔME COLIN : Quoi par exemple ?
BENJAMIN BIOLAY : Je ne sais pas, je ne saurais pas dire.
JÉRÔME COLIN : La déliquescence du couple par exemple.
BENJAMIN BIOLAY : Ce n’est pas les mêmes que dans ma vie. Ce n’est pas exactement les mêmes. Mes obsessions dont je fais des chansons je ne les verbalise pas le reste du temps.
JÉRÔME COLIN : La déliquescence du couple par exemple c’est un truc…
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Les cycles de l’amour en général. Sauf de rares exceptions les couples sont voués à la déliquescence.
JÉRÔME COLIN : Vous croyez ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Enfin, l’état dans lequel on est 3 ans après le premier jour, si on se rappelle du premier jour, de la première nuit, du premier réveil, on n’est pas forcément sur le même nuage. Il peut être très beau aussi mais il est moins… ce n’est pas le n° 9.
JÉRÔME COLIN : Vous avez fait la paix avec ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Pardon ?
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JÉRÔME COLIN : Vous avez fait la paix avec ça, avec le fait que inévitablement…
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Oui ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui l’amour qui dure il n’est pas… ce n’est pas le couple, c’est les enfants, c’est la famille, les amis. Les amours, même si c’est plus de l’amour concret, même si c’est juste quelque chose qui reste, mais oui le couple c’est une association et comme beaucoup d’association ça peut ne durer qu’un temps.
JÉRÔME COLIN : J’ai l’impression de ne pas avoir exactement fait la paix avec cette notion.
BENJAMIN BIOLAY : Non on ne peut pas la faire exactement. On peut se dire que c’est comme ça, c’est malheureux mais c’est comme ça. Mais faire la paix… De toute façon quand on est profondément chagriné par quelque chose c’est en soi, on ne peut pas l’évacuer, avec tout le Prozac du monde ça reste toujours…
JÉRÔME COLIN : Je me rappelle la première fois que j’ai entendu votre chanson qui s’appelle « Brandt Rhapsodie », je me suis dit oh, ça va être casse-gueule, ça va pas être bien. Tu vois, ça peut automatiquement ne pas être bien. Le truc casse-gueule. Mais ça m’avait juste mais…
BENJAMIN BIOLAY : Au départ en le faisant on s’est dit c’est casse-gueule mais on se dit on torche la bouteille de champagne et on y va.
JÉRÔME COLIN : Vous aviez conscience que c’était casse-gueule, ces messages que ce couple s’envoyait.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, c’était comme un défi tu vois, Jeanne est venue, j’avais fait le son, je dis j’ai une idée, viens on va faire ça, on a acheté du champagne et puis… il fallait être désinhibé sinon…
JÉRÔME COLIN : Les messages, il y en avait des vrais ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Bien sûr.
JÉRÔME COLIN : La plupart ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. Quelques réminiscences comme ça de messages, de vrais messages, non la plupart étaient totalement fictionnels.
JÉRÔME COLIN : C’était juste dingue parce que ce n’était pas... ça commençait magnifiquement comme toutes les histoires d’amour et ce qui était dingue c’est que ça ne finissait pas mal.
BENJAMIN BIOLAY : Non. Ça finissait.
JÉRÔME COLIN : Ca finissait par un encéphalogramme plat.
BENJAMIN BIOLAY : Oui ça finissait. Comme la mort.
JÉRÔME COLIN : C’est marrant, par contre j’ai toujours l’impression que ce n’était pas un sujet de chanson chez vous.
BENJAMIN BIOLAY : Non parce que ce n’est pas une obsession.
JÉRÔME COLIN : Non ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. Comme tout le monde, ce n’est pas une perspective qui me ravit des masses mais c’est le cycle de la vie.
JÉRÔME COLIN : On est à Flagey. Le Tigre est là.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Vous le connaissez bien.
BENJAMIN BIOLAY : Je le connais pas mal.
JÉRÔME COLIN : Vraiment bien.
BENJAMIN BIOLAY : Mais je n’y vais que l’été.
JÉRÔME COLIN : Oui.
BENJAMIN BIOLAY : Parce que l’hiver après le studio c’est dur de sortir le soir. Le Bar du Marché c’est plaisant. Je trouve que c’est très spontané, les rapports avec les gens et tout… C’est une belle mixité sociale et ce n’est pas… à Paris malheureusement il y a malheureusement ces défauts, les endroits pour les blindés puis les endroits pour ceux qui font semblant d’être blindés et puis les endroits pour les pauvres, et c’est dégueulasse.
JÉRÔME COLIN : Y’a ça à Bruxelles hein, il y a 2, 3 endroits où les gens sont tous blindés et ils se retrouvent entre eux…
BENJAMIN BIOLAY : Oui, ils se retrouvent entre eux mais on ne sait même pas qu’ils existent.
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JÉRÔME COLIN : Ah non même ici ils sont dans une forêt.
BENJAMIN BIOLAY : Oui je sais, je suis déjà allé Aux Jeux d’Hiver.
JÉRÔME COLIN : C’est à ça que je faisais référence.
BENJAMIN BIOLAY : Là on se dit bon, c’est Saint Tropez ou Miami, c’est leur délire.
JÉRÔME COLIN : Oui, je retourne Place Flagey, je vais boire des bières sur la place…
BENJAMIN BIOLAY : Bien sûr.
JÉRÔME COLIN : Carrément.
JÉRÔME COLIN : Vous êtes un ivrogne joyeux ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Oui, vous aimez ça.
BENJAMIN BIOLAY : Quoi ?
JÉRÔME COLIN : L’ivresse.
BENJAMIN BIOLAY : Oui…
JÉRÔME COLIN : Ou ça ne fait pas vraiment partie de votre vie.
BENJAMIN BIOLAY : Si, ça fait partie de ma vie. Légèrement stone un peu tout le temps, enfin je dis un peu tout le temps… presque. Mais pas ivre. Non, l’ivresse c’est pour… Enfin j’ai l’âge de mon corps, mon corps a son âge, y’a un moment, même si je voulais m’arrêter de fumer tous les soirs de toute façon je ne peux pas, je ne peux absolument plus, donc…
JÉRÔME COLIN : Dommage.
BENJAMIN BIOLAY : Et puis en baissant un peu les doses, enfin en baissant drastiquement les doses du coup l’alcool devient encore plus plaisant, parce qu’un bon verre de vin on se sent… on est plus disert, on rigole plus et c’est très bien.
JÉRÔME COLIN : Vous êtes moins timide quand vous êtes bourré ? Vous êtes du genre à danser sur les tables ? Non.
BENJAMIN BIOLAY : Si.
JÉRÔME COLIN : Quand même.
BENJAMIN BIOLAY : Mais même pas bourré hein, quand je suis en confiance.
JÉRÔME COLIN : Moi aussi, y’a rien à faire, il faut.
BENJAMIN BIOLAY : On a besoin de soupapes.
JÉRÔME COLIN : Oui. Après c’est une soupape qui reste inacceptable.
BENJAMIN BIOLAY : Quand elle est sociale, sans vouloir chercher des prétextes, c’est toujours mieux que de se biturer tout seul à la maison comme un crétin.
JÉRÔME COLIN : C’est ce que j’ai expliqué récemment mais la compréhension n’a pas été totale.
BENJAMIN BIOLAY : Oui mais ça dépend comment on l’explique et dans quel contexte. Est-ce qu’on joue vraiment la bonne carte à ce moment-là, pas sûr.
JÉRÔME COLIN : C’était la dernière. Je crois que c’était la dernière.
JÉRÔME COLIN : Vous étiez comment le jour où vous avez écrit la chanson « Y’a personne dans mon lit » ?
BENJAMIN BIOLAY : Y’avait personne dans mon lit, c’était… ça faisait longtemps. Mais je n’étais pas plus désespéré que ça. De toute façon il faut avoir… la chanson il faut avoir passé un petit cap pour l’écrire.
JÉRÔME COLIN : C’est-à-dire ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben souvent… enfin je ne pense pas qu’un jour un auteur compositeur se soit fait plaquer et que le soir même il ait écrit la chanson. Je pense qu’il faut laisser… on a besoin de temps. Avant tout on le vit comme n’importe qui d’autre, et on ne peut pas le magnifier, ce n’est pas le Magicien d’Oz l’auteur compositeur, il est comme tout le monde.
JÉRÔME COLIN : Il faut magnifier ? Ecrire la chanson c’est magnifier ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui, en tous les cas ça peut être stylisé, ça peut être magnifié, ça peut être synthétisé, refroidi ou réchauffé mais il y a une démarche de toute façon ouais peut-être artistique donc peut-être de magnifié mais
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moi-même dégueulasser ou violer une chanson je considère que je l’ai magnifiée, enfin je ne l’ai pas laissée à son état de… Guy Béart est triste…
JÉRÔME COLIN : Votre grande chanson de rupture c’est quoi ?
BENJAMIN BIOLAY : J’en n’ai pas fait je crois.
JÉRÔME COLIN : « Brandt Rhapsodie » c’est pas mal.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, c’était une chanson sur la vie du couple mais vraiment on ne les voit pas rompre, on a compris qu’ils ont rompu.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai.
BENJAMIN BIOLAY : Y’a pas de post-it disant j’ai trouvé un message. C’est qui cette salope ? Tu vois, y’a pas de truc comme ça.
JÉRÔME COLIN : Non justement c’est ça qui était dément.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. C’est là qu’on s’en est bien sorti, on a évité, l’ellipse a été faite au bon moment, au moment où il ne faut pas raconter toutes ces horreurs, elles ne nous font pas rêver du tout, on les a connues, on les connaît par coeur, tout le monde pareil.
L’album « La Superbe » est « fitzgéraldien !
JÉRÔME COLIN : Vous avez eu, vous, parce que moi j’ai tendance à entendre votre musique aussi comme ça, j’ai l’impression des fois que vous avez vécu des choses fortes, dans l’enfance, en amour, familiales… Voilà une vie où il se passe des choses, des très hauts et des très bas, c’est vous qui le disiez, et ces gens-là ont la capacité, la sagesse d’avoir réfléchi sur ce qui leur est arrivé, souvent, ce qui est typique des artistes je pense…
BENJAMIN BIOLAY : Ça peut être très réfléchi ou ça peut être vomi. Et ça peut donner l’impression que ça a été très réfléchi et pourtant c’est strictement vomi. Ce qui est bien c’est qu’il n’y a pas de règles.
JÉRÔME COLIN : Vous avez des textes qui vous viennent comme ça.
BENJAMIN BIOLAY : Ah oui, quand on me demande si j’ai des facilités j’ai envie de dire mais jamais de la vie puis je me rappelle de moments où j’en ai mais c’est…y’a des moments comme ça fugaces où la chanson elle tombe du ciel, pam, et d’autres où on s’emmerde pendant des mois, des mois…
JÉRÔME COLIN : Laquelle est tombée du ciel.
BENJAMIN BIOLAY : Sur cet album ? Non, j’ai peur de confondre. Je saurais le dire sur des trucs plus anciens.
JÉRÔME COLIN : Vas-y. Allez-y.
BENJAMIN BIOLAY : Ben « Brandt Rhapsodie » on l’a faite le temps qu’il faut pour l’écouter, en gros, j’ai fait le son en 10’, j’ai eu l’idée, on a fait nos post-it, on a posé nos micros chacun de son côté et puis on a réuni, on a fait aucune retouche. Donc celle-ci…
JÉRÔME COLIN : Et celle qui a été besogneuse ?
BENJAMIN BIOLAY: Oh lala… Y’en a beaucoup.
JÉRÔME COLIN : On dit souvent que les très grandes chansons sortent toutes seules. Est-ce que dans votre cas c’est vrai ? Est-ce que « Ton héritage », « La superbe »…
BENJAMIN BIOLAY : Non « Ton héritage » il y a beaucoup de travail. « La superbe » y’en a encore plus. Pas tant sur l’écriture de la chanson en elle-même, même si elle m’a demandé du boulot et des heures et des jours, mais de savoir comment je voulais qu’elle sonne, comment je voulais qu’elle soit structurée… elle est passée par toutes les phases cette chanson.
JÉRÔME COLIN : « La superbe » ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Elle, elle a pris cher, elle a fait des essais costumes pendant 3 mois.
JÉRÔME COLIN : C’est une chanson importante pour vous ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui et non. Comme elle porte le nom de cet album important pour moi, oui j’ai envie de dire oui, mais sur l’album « La superbe »il y a… ben par exemple « Brandt Rhapsodie », « Ton héritage », il y en a sans doute d’autres qui sont très importantes, que je citerais plus facilement que « La superbe ».
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JÉRÔME COLIN : L’album il est important pour vous pourquoi ? Parce que ça a été vraiment l’album de consécration publique ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. C’est plus basic que ça, on se dit… c’est cool parce que plus je suis spontané naturel moins je me sens sûr, plus je commence à être moi-même en fait, moins inspiré par les autres et tout, plus ça marche, donc ça c’est un truc rassurant mais après ça peut être un épiphénomène hein, je ne me dis pas maintenant c’est « La superbe » tous les jours. Si ça se trouve ça va redescendre, ça va remonter, mais c’était très chouette, puis je ne m’y attendais plus donc…
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. Mais j’étais bien, j’existais déjà.
JÉRÔME COLIN : Vous aviez un succès qui était un succès critique très important et un public très fidèle.
BENJAMIN BIOLAY : J’ai eu un public très fidèle qui me permettait de payer mon loyer, de nourrir mes enfants et d’employer 2, 3 personnes, quand même, c’est génial, ça s’appelle vivre de son art, c’est ce que tout le monde aimerait faire. Je ne m’y attendais plus parce que j’étais loin de la plainte, moi ma vie a été super. En plus j’avais commencé le cinéma, ça me plait, faire l’acteur, donc mais c’est vrai que quand c’est arrivé j’étais… quand je suis rentré n° 1 ou 2, je ne sais plus, je me suis dit c’est bizarre, y’a rien d’autre qui a dû sortir puis quand j’ai vu que ça continuait je me suis dit quelle drôle d’histoire quand même. D’habitude je rentrais n° 12 ou 11, non ça m’allait très bien.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Vous n’attendiez plus l’explosion.
BENJAMIN BIOLAY : Non mais… J’ai souvent… n° 9 en Suède, faut pas déconner mais c’est déjà pas mal hein.
JÉRÔME COLIN : Moi j’adore la chanson « Ton héritage », je la vois comme une grande chanson d’anti-culpabilité…
BENJAMIN BIOLAY : Un peu oui.
JÉRÔME COLIN : Ça c’est ma lecture, peut-être parce que j’ai un problème avec ce truc-là…
BENJAMIN BIOLAY : Non c’est la lecture, message c’est un mot bien pédant mais il y a quelques messages dont celui-ci quoi.
JÉRÔME COLIN : C’est une chanson que vous avez écrite pour votre fille ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui, pour elle et pour moi.
JÉRÔME COLIN : Donc ne t’inquiète pas si tu aimes ça, que ce soit des choses bien ou pas, ce n’est pas de ta faute.
BENJAMIN BIOLAY : Ben oui et puis en se disant ça un jour… cette chanson je ne l’ai pas faite pour l’aider, je l’aiderai de bien d’autres façons ma fille mais si un jour, sans qu’on ait à parler de trucs bien précis sans avoir à mettre des mots et à se mettre dans des situations gênantes pour elle, et bien si elle entend ça elle se dira ok, mes parents c’est des gros tordus. Sa maman est beaucoup plus équilibrée.
JÉRÔME COLIN : Vous vous considérez comme un gros tordu ?
BENJAMIN BIOLAY : Non pas un gros tordu, le mot était… parce que tout de suite le mot on l’associe à pervers. Non tordu ça veut dire bizarrement structuré. Je suis fabriqué de manière très empirique donc il y a… il y a des trucs sur lesquels j’ai 100 ans d’âge mental et d’autres sur lesquels j’ai encore 2 ans. Mais peu où j’ai 40. C’est ça qui est chiant.
JÉRÔME COLIN : « La superbe » c’est vrai que c’était écrit d’après « Gatsby le Magnifique » ? Ou c’est faux ?
BENJAMIN BIOLAY : Non ce n’est pas faux, c’est transformé, mais c’est vrai que je voulais faire une chanson « fitzgéraldienne » comme ça sur la déchéance sublime, parce que Gatsby pour moi il incarne « La superbe », enfin il a gardé sa superbe et Fitzgerald tout court lui-même d’ailleurs. C’est beau la déchéance mise en scène comme ça. Moi je ne le ferais pas, j’ai pas du tout envie.
JÉRÔME COLIN : Voilà. Il ne faut pas la vivre, mais…
BENJAMIN BIOLAY : Ah non ne faut pas la vivre.
JÉRÔME COLIN : Romantiquement c’est splendide.
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BENJAMIN BIOLAY : C’est splendide. Fitzgerald c’est un des derniers grands romantiques au sens « romanticalment » du 19ème qui se biture à l’absinthe et qui finit pendu à un chêne comme un pauvre con.
JÉRÔME COLIN : Amoureux aussi.
BENJAMIN BIOLAY : La vache. Et puis d’une sacrée femme, une sacrée gonzesse. Pas un amoureux niais, un amoureux …
JÉRÔME COLIN : Dans l’arène oui.
BENJAMIN BIOLAY : Ouf.
JÉRÔME COLIN : Vous êtes comme ça vous ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Dans l’arène.
BENJAMIN BIOLAY : Dans l’arène.
JÉRÔME COLIN : Oui, c’est chiant hein.
BENJAMIN BIOLAY : Ben oui mais…
JÉRÔME COLIN : Vous savez d’où ça vous vient ou pas ?
BENJAMIN BIOLAY : Quoi ça ?
JÉRÔME COLIN : Le fait de devoir aimer comme dans l’arène et pas comme dans le salon en train de regarder la téloche.
BENJAMIN BIOLAY : La conviction et puis… que ça passe vite et qu’il faut… Je ne dis pas que je n’ai pas peur de la mort, je suis comme tout le monde, mais la mort sera plus agréable si elle arrive assez tard et après avoir, comment dire, surtout qu’on a fait tout ce qu’on pouvait faire avec ses possibilités, évidemment en ayant encore des choses qu’on n’a pas vues, qu’on n’a pas fait, mais en se disant moi je suis allé au bout de mon processus, de ma vitalité, de mon inspiration et de mon énergie, de l’amour que je pouvais donner, de l’amour que je pouvais recevoir. Parce qu’en amour on parle souvent du fait d’aimer mais c’est dur d’être aimé aussi par moment, ce n’est pas évident hein, y’a des gens qui ne le supportent pas en vérité. Je crois.
On m’attribuait une relation avec la Première Dame de France !
JÉRÔME COLIN : Vous vivez comment le fait qu’une certaine presse s’intéresse à vos amours etc… Vous avez réussi à surmonter ça et à dire juste allez-vous faire foutre.
BENJAMIN BIOLAY : Comme la plupart du temps c’est des amours imaginaires et des fables totales, j’ai pris du recul. Au départ quand ils sont venus, quand ils ont déboulé dans ma vie et qu’ils espionnaient ma vie privée, ma vraie vie, avec ma vraie famille, ça me rendait hystérique. Je trouvais ça d’une violence inouïe. Après quand je me baladais avec une amie et qu’ils expliquent qu’on vient de se rencontrer et que c’est le coup de foudre, qu’on sort de l’hôtel, alors que je la connais depuis que j’ai 6 ans 1/2 , je leur dis va mourir. Et puis il y a un moment carrément on m’attribuait une liaison avec la Première Dame de France, on disait que j’étais en Thaïlande en vacances alors que le soir-même je jouais à Aubervilliers. Il suffisait de… Il y a des trucs on se dit bon ils sont...
JÉRÔME COLIN : Oui ça a fait du bruit, je m’en souviens. Je ne m’en souvenais plus mais là je m’en souviens, ça avait fait un bruit de dingue.
BENJAMIN BIOLAY : Oui mais ils sont dans la fiction totale. Donc il y a un moment on garde… c’est presque comme si il y avait une espèce de personnage double qui vivait sa vie débile pendant que nous on allait…
JÉRÔME COLIN : C’est chiant pour votre famille, parce que votre fille elle doit être au courant de ça à son âge maintenant, non ?
BENJAMIN BIOLAY : Elle avait entendu ça mais je lui ai dit… Ma fille, ça va hé…
JÉRÔME COLIN : On ne lui fait pas.
BENJAMIN BIOLAY : Elle est loin d’être bête. Ça va quoi.
Je suis toujours dans cette envie d’avoir mille vies en une vie !
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
JÉRÔME COLIN : Et ça a toujours été la musique et à un moment le cinoche est arrivé quand même chez vous.
BENJAMIN BIOLAY : Oui mais vraiment de manière inattendue.
JÉRÔME COLIN : Vous n’êtes pas allé vers ça.
BENJAMIN BIOLAY : Non.
JÉRÔME COLIN : Non. C’était qui ? C’était quoi le premier film ?
BENJAMIN BIOLAY : D’abord on m’a proposé un film que j’avais… j’avais carrément refusé de faire des essais, je ne sais pas si on me le proposait de manière ferme ou si on me proposait des essais, mais ça m’avait fait paniquer tout de suite. J’avais non, non… Y’a maldonne, je ne suis pas du tout acteur.
JÉRÔME COLIN : En bon anxieux.
BENJAMIN BIOLAY : Oui et puis je n’y avais jamais pensé. Et puis… et puis après j’ai vu ce film et je me suis dit que j’avais vraiment été pas courageux d’au moins ne pas essayer. Et je m’étais promis que si on me le reproposait et que ça en valait la peine bien sûr, je me jetterais à l’eau et j’ai rencontré Sylvie Verheyde, une cinéaste super, qui m’a proposé un truc et j’ai foncé.
JÉRÔME COLIN : C’était quel film ?
BENJAMIN BIOLAY : C’est un film qui s’appelle « Sang-froid » qui était pour la télé, pour Arte.
JÉRÔME COLIN : Et ça vous a plu.
BENJAMIN BIOLAY : Oui !
JÉRÔME COLIN : Vous y avez trouvé quoi ?
BENJAMIN BIOLAY : Tout ce que je n’avais jamais trouvé ailleurs. Puis toujours dans cette envie d’avoir mille vies en une, c’est quand même génial de jouer des personnages.
JÉRÔME COLIN : Comment vous faites pour gérer ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Pour gérer quoi ?
JÉRÔME COLIN : Ben ce besoin d’avoir mille vies en une.
BENJAMIN BIOLAY : Ben je le gère de mieux en mieux puisque j’en ai déjà pas mal donc… Ça va, ça commence à… il y a du compteur donc…
JÉRÔME COLIN : Vous parlez de vos vies amoureuses là, et professionnelles ?
BENJAMIN BIOLAY : Non je parle de vraiment toutes les vies. Avoir déménagé des tonnes de fois, j’ai changé d’école tout le temps, oui d’avoir…
JÉRÔME COLIN : Ca me terrifie absolument le spectre, enfin le fait que quand on nait on a juste une possibilité infinie de vie. Est-ce qu’on va avancer ? Puis on va resserrer ce spectre et terminer dans un petit truc étroit. Et puis on va aller du lit à la fenêtre et puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit et puis ce sera fini.
BENJAMIN BIOLAY : Elle est terrible cette situation. Elle est sublime mais elle est terrible cette chanson.
JÉRÔME COLIN : C’est terrible quoi, de se dire qu’effectivement, enfin putain on va choisir.
BENJAMIN BIOLAY : Dans le genre désespéré il se posait là. C’est d’une noirceur, c’est d’une beauté mais c’est d’une noirceur, ces mots, et puis sa façon de les cracher en plus c’est vraiment un truc… Y’a rarement eu un agité comme ça dans la musique francophone. Plus rock que bien des revendiqués rockeurs. Complètement fou.
« Les jeux de l’amour »
JÉRÔME COLIN : Ce que je disais tout à l’heure c’est, quand des artistes ont réfléchi sur leur vie etc… enfin c’est des gens qui réfléchissent vachement plus je pense que les autres, parce qu’ils ont le temps, notamment, il faut de toute façon pour accoucher de quelque chose j’imagine, et moi j’ai souvent entendu vos chansons et j’ai souvent l’impression d’y entendre des conseils.
BENJAMIN BIOLAY : Peut-être que je me donne en fait à moi-même, qui peuvent être appliqués à d’autres.
JÉRÔME COLIN : Ici dans le dernier album il y en a, il y a une chanson qui s’appelle « Profite ».
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
JÉRÔME COLIN : Une autre qui s’appelle « Ne regrette rien ».
BENJAMIN BIOLAY : Ca je me le dis, je me le dis d’abord à moi. Et puis si quelqu’un veut en faire son langage je suis ravi mais…
JÉRÔME COLIN : Profiter, vous y arrivez ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben un petit peu plus avec le temps mais pas assez. Il va falloir s’y mettre. C’est pour ça c’est un peu comme un mantra que je me dis à moi-même en sachant que je n’écris pas un truc complètement abscons que personne d’autre ne va comprendre, au contraire.
JÉRÔME COLIN : Oui ça parle à beaucoup de gens.
BENJAMIN BIOLAY : Oui et je pense que les gens qui ont un peu la même vie, les mêmes goûts et le même âge que moi comprennent à peu près les mêmes phrases et les mêmes notes.
JÉRÔME COLIN : Sauf que vous vous parvenez à les formuler.
BENJAMIN BIOLAY : Parce que j’ai la chance d’être publié mais je ne suis pas le seul. Y’a des centaines, des milliers de gens qui y arrivent très bien.
JÉRÔME COLIN : Moi y’a une phrase d’une de vos chansons dont vraiment je me suis fait un mantra.
BENJAMIN BIOLAY : Ah oui ?
JÉRÔME COLIN : Oui.
BENJAMIN BIOLAY : Et, c’est laquelle ?
JÉRÔME COLIN : Je ne peux pas vous la dire. Elle est là.
BENJAMIN BIOLAY : Elle est là comment ?
JÉRÔME COLIN : Elle est dans une boule.
BENJAMIN BIOLAY : Ah oui ? Et je peux regarder ?
JÉRÔME COLIN : Oui. Mais y’a pas que ça, vous allez peut-être tomber sur autre chose.
BENJAMIN BIOLAY: Ah, y’a des trucs…
JÉRÔME COLIN : Qu’est-ce qu’il est écrit ?
BENJAMIN BIOLAY : « Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir heureux ou courageux », Rainer Maria Rilke.
JÉRÔME COLIN : Vous connaissez cet auteur ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui, j’adore « Lettres à un jeune poète ».
JÉRÔME COLIN : Ah oui ? Cette phrase elle vous parle, ou pas ? Si elle ne vous parle pas vous pouvez la balancer dans le coffre.
BENJAMIN BIOLAY : Ce n’est pas… Ouais je ne suis sûr qu’elle soit bien traduite. Alors on peut jeter comme ça, comme de la merde, c’est bien.
JÉRÔME COLIN : Oui, dans le coffre, quand c’est de la merde c’est dans le coffre, quand ce n’est pas de la merde…
BENJAMIN BIOLAY : Je ne suis pas sûr que ce soit bien traduit, je ne sais pas.
JÉRÔME COLIN : C’est la traduction française.
BENJAMIN BIOLAY : C’est possible.
JÉRÔME COLIN : Une autre.
BENJAMIN BIOLAY : « Puis tu te sentiras la joue égratignée, un petit baiser, comme une folle araignée te courra par le cou et tu me diras cherche en inclinant la tête et nous prendrons du temps à trouver cette bête qui voyage beaucoup », c’est trop beau ça.
JÉRÔME COLIN : C’est beau ça hein.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Les jeux de l’amour.
BENJAMIN BIOLAY : Le rythme… c’est fou.
JÉRÔME COLIN : Vous pouvez me la relire lentement.
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BENJAMIN BIOLAY : « Puis tu te sentiras la joue égratignée, un petit baiser, comme une folle araignée te courra par le cou et tu me diras cherche en inclinant la tête et nous prendrons du temps à trouver cette bête qui voyage beaucoup », c’est super beau. Et puis la musique est dingue. C’est Arthur Rimbaud.
JÉRÔME COLIN : Un personnage important pour vous ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Oui ? Vous les lisez quand ces poètes ? Vous êtes jeune ou déjà…
BENJAMIN BIOLAY : A l’âge qu’il a quand il les a écrits.
JÉRÔME COLIN : Donc 17 ans.
BENJAMIN BIOLAY : 17 à 20, 21.
JÉRÔME COLIN : Et ça vous fait quoi ? Vous vous souvenez ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui je me souviens que ça… que j’ouvre un livre et que ça me parle, je comprends tous les mots, je comprends tout le déroulement…
JÉRÔME COLIN : Et vous vous dites : j’ai envie de brûler comme ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Non je me dis surtout… surtout que je connais son parcours parce que j’ai toujours été un peu… quand je m’intéresse à quelqu’un j’essaie d’en savoir le plus possible sur lui donc je vois la fin de sa vie merdique et l’abandon à priori de toute vie artistique…
JÉRÔME COLIN : Il a tout arrêté.
BENJAMIN BIOLAY : Et puis bon lui est premier au concours général, moi pas du tout, enfin je ne me sens pas la même… je n’ai jamais été le plus beau, le plus intelligent alors que lui il rayonnait en plus, de sa plume sublime, il était…
JÉRÔME COLIN : Mais qui vous a dit que dans la vie il fallait que ça brûle un peu alors ? Si ce n’est pas Rimbaud à 17 ans.
BENJAMIN BIOLAY : Non, non, mais il a dû contribuer à me le susurrer mais moi quand j’avais 8 ans John Lennon s’est fait assassiner donc j’ai compris que dans la vie il valait mieux que ça crame un peu plutôt qu’il y ait un pauvre con qui surgisse avec une arme à feu et vous tire dans le dos.
JÉRÔME COLIN : On n’a toujours pas trouvé votre phrase.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Ca on ne jette pas, naturellement.
JÉRÔME COLIN : Celle-là elle est belle hein, franchement, juste démente, c’est juste le petit jeu de l’amour.
BENJAMIN BIOLAY : Toujours pas. Je pense que ça c’est dans « Lettres à un jeune poète » justement.
JÉRÔME COLIN : C’est quoi ?
« Dès la prochaine vie, jurer de se rester fidèle ».
BENJAMIN BIOLAY : «Une seule chose est nécessaire, la solitude, la grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne. C’est à cela qu’il faut parvenir, être seul comme l’enfant est seul ». Ca ressemble à « Un petit conseil à un jeune poète ».
JÉRÔME COLIN : Vous croyez ça ? Au fait qu’il faut descendre, descendre, vers sa propre solitude pour se trouver soit ou c’est juste romantiquement beau mais absolument faux, invivable ?
BENJAMIN BIOLAY : Ça dépend du parcours. Si lui il était très entouré quand il était petit et que voilà…
JÉRÔME COLIN : Vous, vous avez fait ça ? Aller vers le noir ?
BENJAMIN BIOLAY : Non moi j’étais tout seul, j’ai le souvenir d’être quand même un enfant assez seul, donc le noir est devenu à moi plutôt. Mais j’aime bien… Cette phrase-là est un peu bidon je trouve mais dans cet ouvrage il y a des trucs géniaux.
JÉRÔME COLIN : Comme ?
BENJAMIN BIOLAY : Il y a un truc qui s’appelle « Pour écrire un seul vers » où il explique ce qu’il faut avoir vécu pour écrire un seul vers qui tienne la route et là je suis archi d’accord.
JÉRÔME COLIN : Il dit qu’il faut avoir vécu quoi à peu près ? Vous vous souvenez de ça ?
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
BENJAMIN BIOLAY : Des nuits d’orage, avoir veillé des morts dans la chambre, avoir vécu l’amour. Enfin, c’est très poignant et très beau. Ca par élimination c’est moi. « Dès la prochaine vie, jurer de se rester fidèle. Quelle aventure, quelle aventure ».
JÉRÔME COLIN : Elle vous parle cette phrase ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Ou c’est juste une phrase annexe de cette chanson.
BENJAMIN BIOLAY : Non, dans toutes les chansons il y a des phrases annexes, ce n’est pas du bla-bla mais 1 ça rime, 2 ça fait la transition. Là ce n’est pas du tout… Ce n’est pas une punch line mais presque pour moi. Je crois que ça vient à la toute fin de la chanson et ça paraphe le truc.
JÉRÔME COLIN : « Dès la prochaine vie, jurer de se rester fidèle ».
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Je sais que ça n’y ressemble pas vraiment pour moi il y a un peu d’humour. Enfin, y’a du vrai et puis y’a … un peu l’humour du désespoir.
JÉRÔME COLIN : C’est ce qu’il y a de plus dur non, quand on grandit, je n’allais pas dire vieillir, vous n’êtes pas encore vieux.
BENJAMIN BIOLAY : Pas vieux.
JÉRÔME COLIN : On grandit.
BENJAMIN BIOLAY : On grandit oui.
JÉRÔME COLIN : C’est ce qu’il y a de plus dur quand même hein. A la sortie de la trentaine. Non ? De se rester fidèle.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : A soi-même hein.
BENJAMIN BIOLAY : Oh je trouve que le moment où on peut filer un très mauvais coton il arrive un peu avant même.
JÉRÔME COLIN : Genre ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben rester fidèle à l’enfant ou l’adolescent qu’on a été, à 25, 27, je ne sais pas, je vois souvent des gens qui basculent. Même idéologiquement. C’est marrant parce que… Oui, même idéologiquement, c’est vrai.
JÉRÔME COLIN : C’est marrant parce que vous écrivez cette phrase, « Dès la prochaine vie, jurer de se rester fidèle ». En même temps on a l’impression que vous, vous avez été vers ce que l’enfant vous demandait. La musique, le truc, le machin. Pourtant vous l’écrivez quand même cette phrase, c’est étonnant.
BENJAMIN BIOLAY : Oui parce que l’enfant a passé une commande qui était incomplète.
JÉRÔME COLIN : Genre ?
BENJAMIN BIOLAY : Il a pensé à bien des trucs mais pas… ben l’enfant il n’a pas à construire une famille, enfin, mon problème n’était pas d’avoir une famille.
JÉRÔME COLIN : Vous vous souvenez quand il vous est venu ce « Quelle aventure, quelle aventure » ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Très bien l’endroit où j’étais, le studio, tout ça… Je ne sais pas pourquoi, comment.
JÉRÔME COLIN : C’est là qu’on voit que la question est centrale.
BENJAMIN BIOLAY : De toute façon la question est centrale puisqu’elle conditionne à peu près tout.
JÉRÔME COLIN : Comment ?
BENJAMIN BIOLAY : La question est centrale, l’amour, la fidélité, l’adultère puis il y a la fidélité, c’est des choses différentes. Mais un manquement à la parole ou à la fidélité ça peut détruire une famille, détruire une nation, ça peut tout détruire donc c’est central, oui.
JÉRÔME COLIN : Y’a un déclic quand, en tant qu’auteur, vraiment, on comprend que les gens vont vraiment écouter les chansons ?
BENJAMIN BIOLAY : Non. C’est quand ils vous le disent, après.
JÉRÔME COLIN : Et ça ne change rien à la manière d’écrire ? BENJAMIN BIOLAY : Non mais on pense à eux parfois quand on écrit.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ?
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BENJAMIN BIOLAY : Bien sûr. Des fois y’a des gens qui disent des choses qui sont quasiment bouleversantes et on pense à eux quand on écrit en se disant j’espère qu’ils ne seront pas déçus ou que… Parce qu’il y a un moment où on comprend qu’on est écouté vraiment. Au début on vous dit oui j’ai écouté le disque tout l’été, en voiture, c’était cool, je ne sais pas quoi. Après on vous parle d’une chanson spécifique puis après on vous dit… Puis il peut arriver des choses très belles hein. On m’a déjà dit que… des gens qui m’ont déjà présenté un enfant qui avait été conçu pendant qu’ils écoutaient la musique. Ça aurait pu être très vulgaire mais ça n’avait pas été dit de manière absolu… c’était sublime ! Je regardais cette petite fille en me disant tiens… Oui c’était chouette.
JÉRÔME COLIN : C’est dingue l’effet que vous faites aux femmes.
BENJAMIN BIOLAY : Non, c’est le taxi, ne dites pas n’importe quoi.
JÉRÔME COLIN : Je sais, autour de moi je l’entends.
BENJAMIN BIOLAY : Ah bon.
JÉRÔME COLIN : Vous ne le savez pas.
BENJAMIN BIOLAY : Pff.
JÉRÔME COLIN : Ca complique tout, je comprends.
BENJAMIN BIOLAY : Non. Non… L’effet qu’on fait à des femmes qu’on ne connaît pas et qu’on ne verra jamais de sa vie. Après j’espère faire de l’effet aux femmes qui me plaisent et qui me font de l’effet.
J’ai fait 4 films !
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Humeur : « Ne fermez pas votre coeur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi....
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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyJeu 6 Déc 2012 - 18:46

suite :

J’ai fait 4 films !
JÉRÔME COLIN : Du cinéma, vous allez en refaire ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Bien sûr. Tant qu’on me le proposera et que je me sentirai adapté pour les rôles, j’en ferai. Oui.
JÉRÔME COLIN : Vous avez joué avec Laetitia Masson.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. D’ailleurs je vais retourner début octobre avec elle.
JÉRÔME COLIN : Vous avez fait quoi avec elle ?
BENJAMIN BIOLAY : J’ai fait 2 films et une sorte de film d’art et d’essai sur « La superbe », sur la tournée, sur ma vie mais dans lequel je ne jouais pas.
JÉRÔME COLIN : C’est quoi les films que vous avez faits avec elle ? Où vous jouiez.
BENJAMIN BIOLAY : Un film qui s’appelle « Pourquoi pas le Brésil » et un film qui s’appelle « Petite fille ». Et là début octobre je vais tourner quelques jours avec elle mais c’est une toute petite apparition mais c’est quelqu’un qui m’est fidèle et à qui je suis fidèle.
JÉRÔME COLIN : Elle est démente.
BENJAMIN BIOLAY : Elle a fait pas mal de clips, elle a fait la captation de mon live, c’est la première cinéaste qui m’ait jamais appelé, il y a longtemps maintenant.
JÉRÔME COLIN : C’est marrant parce que vous avez cité deux personnes avec lesquelles vous avez fait des films, c’est deux femmes.
BENJAMIN BIOLAY : Oui j’ai pas fait beaucoup de films avec des hommes.
JÉRÔME COLIN : Non hein. Comme quoi j’avais pas si tort !
BENJAMIN BIOLAY : J’en ai fait 4 avec des hommes. Mais ça s’est bien passé hein.
JÉRÔME COLIN : Le dernier c’était quoi ? C’était « Pourquoi tu pleures » ?
BENJAMIN BIOLAY : Le dernier à sortir ?
JÉRÔME COLIN : Oui. Ça fait un bout de temps déjà. C’était y’a 1 an ½ ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Ça doit être le dernier sorti. Là y’en a 4 autres qui vont arriver.
JÉRÔME COLIN : Ah oui quand même !
BENJAMIN BIOLAY : Mais c’est des gros seconds rôles, ce n’est pas des premiers rôles. Et il y a deux femmes et deux hommes. Voilà, c’est équilibré.
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Ca me gonfle à mort la musique !
JÉRÔME COLIN : Les concerts reprennent maintenant ?
BENJAMIN BIOLAY : Pas avant le mois de mars.
JÉRÔME COLIN : Ah oui, l’album sort et puis…
BENJAMIN BIOLAY : Il y aura un concert 1 semaine après la sortie de l’album, à la Cigale, à Paris, et puis après je vais normalement tourner un film et puis après…
JÉRÔME COLIN : D’accord. Puis là vous êtes parti pour 1 an.
BENJAMIN BIOLAY : On ne sait pas. C’est ça qui est assez…
JÉRÔME COLIN : Ca dépend juste du succès du disque.
BENJAMIN BIOLAY : C’est ça qui est à la fois excitant et flippant. Les deux possibilités sont archi flippantes. Il ne se passe rien, c’est 4 concerts, rentré à la maison et si il se passe trop c’est quand est-ce que je rentre chez moi ?
JÉRÔME COLIN : Vous êtes sorti entier de « La superbe » justement ? De ce succès.
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Ou ça vous a un peu épuisé…
BENJAMIN BIOLAY : Non. Oui la tournée a été longue et tout, machin, mais super. On a fait plein de pays. Non je suis sorti bien entier. Ça n’a pas changé beaucoup au jour le jour, le quotidien.
JÉRÔME COLIN : La musique ça ne vous lasse jamais.
BENJAMIN BIOLAY : Ah si, si. Ca me gonfle à mort mais depuis toujours.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ? Amour haine.
BENJAMIN BIOLAY : Oui il y a quelque chose de ça. Et puis y’a des moments où je n’ai pas de chance. Je suis par exemple dans un taxi et j’entends pendant 40’ que de la merde et je me dis putain la musique vraiment beurk… La musique… le cinéma ce qui est bien c’est qu’on choisit le film qu’on va regarder, on ne peut pas vous l’imposer comme ça de manière passive. La musique parfois on se la prend sans la vouloir.
JÉRÔME COLIN : Oui, voiture, magasin, c’est terrible.
BENJAMIN BIOLAY : Et quand on n’a pas de chance, quand on enchaîne une séquence de pas de bol…
JÉRÔME COLIN : Ça fait mal.
BENJAMIN BIOLAY : Ah oui.
JÉRÔME COLIN : Surtout depuis le formatage des radios, là maintenant…
BENJAMIN BIOLAY : Ça fait longtemps qu’elles sont formatées les radios quand même.
JÉRÔME COLIN : En France oui. Chez nous c’est assez récent.
BENJAMIN BIOLAY : Oui c’est vrai, chez vous c’était vachement plus libre.
JÉRÔME COLIN : Mais maintenant on y est, là.
BENJAMIN BIOLAY : C’est vrai ?
JÉRÔME COLIN : Oui. Maintenant on y est bien. Oh il reste des îlots…
BENJAMIN BIOLAY : 21, Pure FM, tout ça, c’est des bonnes radios quand même.
JÉRÔME COLIN : Oui.
BENJAMIN BIOLAY : Nous on a Nova mais c’est juste à Paris.
JÉRÔME COLIN : Il reste des îlots de résistance. Mais de manière générale c’est triste.
BENJAMIN BIOLAY : Puis on a le Service Public qui est un peu à cheval là-dessus mais insidieusement oui ça formate.
JÉRÔME COLIN : Vous c’est quoi le single de l’album ?
BENJAMIN BIOLAY : Je ne sais pas du tout. Ce n’est pas une chose qui m’intéresse.
JÉRÔME COLIN : Comment ? Vous sortez un disque, vous ne savez ce qu’est le single qui passe à la radio.
BENJAMIN BIOLAY : Le premier single… ben c’est en ce moment donc non je ne sais pas vraiment…
JÉRÔME COLIN : Vous vous en foutez.
BENJAMIN BIOLAY : C’est pas moi qui choisis parce que je suis nul en choix de single.
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JÉRÔME COLIN : C’est vrai ? Ce n’est pas vous qui choisissez le morceau qui va passer à la radio, enfin que tout le monde va donner à la radio pour que ce soit le morceau qui porte la sortie du disque.
BENJAMIN BIOLAY : C’est rare.
JÉRÔME COLIN : Ah oui !
BENJAMIN BIOLAY : Je suis nul.
JÉRÔME COLIN : Vous sortiriez quoi ?
BENJAMIN BIOLAY : Ah moi je sortirais un truc de 8’. Voilà moi je sortirais… Mon premier single j’aurais peut-être envoyé la chanson avec Orelsan.
JÉRÔME COLIN : Moi aussi.
BENJAMIN BIOLAY : Elle fait 6’42. C’est pour ça que je ne donne pas mon avis parce que de toute façon il n’est pas recevable. Sauf de rares occasions où j’émets un avis. Je dis le premier single c’est « La superbe ». Oui mais il fait 7’. C’est votre problème. Tu vas la couper ? Non. Voilà y’a des moments où je sais que…il vaut mieux que la chanson passe une fois de temps en temps parce qu’elle aura de l’impact plutôt qu’une chansonnette qui va épuiser tout le monde.
Le dernier album s’est fait à Bruxelles !
JÉRÔME COLIN : L’ICP c’est ici que vous faites votre disque ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui.
JÉRÔME COLIN : Oui ?
BENJAMIN BIOLAY : Tous les disques que j’ai fait moi sauf 2. Et 80 % des disques que j’ai réalisés, ou produit, ou écrit pour les autres oui.
JÉRÔME COLIN : Pourquoi ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben je trouve, j’en ai fait pas mal, je trouve que c’est un des meilleurs studios du monde et puis aussi bien au niveau de l’équipement, de la logistique, les gens qui y travaillent, le matériel, le fait qu’on puisse y vivre.
JÉRÔME COLIN : Y’a des apparts, c’est ça.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Par contre ce n’est pas la fête hein. Ce n’est pas le Club Med. Du coup ça devient très monacal.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ?
BENJAMIN BIOLAY : Ben oui.
JÉRÔME COLIN : On travaille, on va coucher.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, sauf le jeudi ou le samedi, de temps en temps on se fait un petit Bar du Marché ou je ne sais pas quoi mais souvent on y va, on est complètement épuisé. Mais c’est fait pour, c’est bien. Même économiquement c’est rentable. L’artiste qui rentre dans sa piaule, qui réécoute ses trucs, qui refait son texte, moi j’aime bien parce que j’avoue que je rate beaucoup de la vie quoi parce que quand je suis là-dedans je suis complètement fermé, j’allume très peu mon téléphone et tout mais au moins, y’a un moment, c’est comme un athlète, je suis bien chaud.
JÉRÔME COLIN : On y va.
BENJAMIN BIOLAY : Oui puis surtout je me sens chaud, je me sens…
JÉRÔME COLIN : C’est ça.
BENJAMIN BIOLAY : Je commence à être bon. Ici j’écris des bonnes chansons.
JÉRÔME COLIN : Ouais ?
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Toujours à mi- album, quand ça commence à bien sonner, que je commence à être pas mal et tout, il y en a une qui tombe toujours ici.
JÉRÔME COLIN : Genre ?
BENJAMIN BIOLAY : Là c’est « Profite » que j’ai écrit ici, la chanson avec Vanessa.
Regardez la diffusion d’ Hep Taxi ! avec Benjamin Biolay le 11 novembre sur la Deux
JÉRÔME COLIN : Elle est très belle.
BENJAMIN BIOLAY : Oui j’aime bien.
JÉRÔME COLIN : Elle est très belle.
JÉRÔME COLIN : On est arrivé.
BENJAMIN BIOLAY : Absolument.
JÉRÔME COLIN : Quoi ? Sur un coin de table ici ?
BENJAMIN BIOLAY : Non dans ma chambre.
JÉRÔME COLIN : Dans la chambre.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. J’ai pris la guitare pour une toute autre raison et puis… des fois on a envie de dormir et puis d’un coup le corps se met à faire du Gipsy King on ne sait pas pourquoi. C’est vrai hein, par moments pff.
JÉRÔME COLIN : C’est vrai ? A ce point.
BENJAMIN BIOLAY : Oui c’est bizarre.
JÉRÔME COLIN : Vous avez l’impression que vous étiez fait pour ça ?
BENJAMIN BIOLAY : Non parce que je connais des gens tellement plus naturellement doués, tellement plus… je ne peux pas dire que j’étais fait pour ça mais ce que je peux dire c’est que je n’étais fait pour rien d’autre.
JÉRÔME COLIN : Ca me paraît être une très belle conclusion.
BENJAMIN BIOLAY : Oui, moi aussi.
JÉRÔME COLIN : Voilà.
BENJAMIN BIOLAY : Retour au monastère.
JÉRÔME COLIN : Ouais. Je vous remercie.
BENJAMIN BIOLAY : Merci beaucoup.
JÉRÔME COLIN : Un plaisir.
BENJAMIN BIOLAY : Oui. Merci pour tout.
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A voir ou à revoir : hep taxi pour la sortie de Négatif :

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melvil75

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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyJeu 6 Déc 2012 - 19:00

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turlututu




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MessageSujet: 66 mn passages tv radio & co - Page 32 EmptyVen 7 Déc 2012 - 21:15

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lili

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Humeur : je n'suis pas fini mais c'est plus du tout pareil
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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptyVen 7 Déc 2012 - 23:47

je n'ai pas pu écouter l'extrait, toi oui ?

quel résumé de sa vie dans l'article en tous cas...

_________________
. merci pour le grand huit .
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Qu'est-ce que ça peut fai

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quelque part à paris



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MessageSujet: Re: passages tv radio & co passages tv radio & co - Page 32 EmptySam 8 Déc 2012 - 12:00

"A l'issue du reportage, le titre réalisé exclusivement pour "66 minutes" sera disponible en intégralité sur les sites 66minutes.fr et m6actu.fr"

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