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{actu} les articles

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lili
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Sam 26 Nov 2011 - 20:39

merci pour la revue de presse et merci kiplane pour les scans

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lili
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MessageSujet: magic Jeu 1 Déc 2011 - 11:52

je n'ai pas vu que quiconque ait repris l'article de magic dont on parlait juste avant , le voici :

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Best Of de Benjamin Biolay
chronique d'album

Quelques apparitions sur grand écran et la bande originale du film Pourquoi Tu Pleures ? de Katia Lewkowicz, dont il tenait aussi le premier rôle : à l’aune de son hyperproductivité habituelle, 2011 peut presque être considérée comme une année sabbatique pour Benjamin Biolay. Dix ans tout juste après la sortie de son premier album (Rose Kennedy, 2001), la publication de ce Best Of vient conforter l’impression que le succès public et critique unanime rencontré après la sortie de La Superbe (2009) a glorieusement conclu la fin d’une première étape dans ce parcours d’une extraordinaire prolixité et d’une densité admirable. Après avoir longtemps attendu en vain que le monde entier l’acclame et lui déclare sa flamme, pour reprendre ses propres mots dans Padam, le natif de Villefrance-sur-Saône a donc conquis de haute lutte le droit de jeter un regard en arrière et de se retourner à l’approche de la ligne d’arrivée pour apprécier la distance qui le sépare du peloton de tous ses concurrents (lesquels au fait ?). Dans cette sélection inévitablement réductrice de dix-neuf morceaux qui tente d’extraire la quintessence d’un foisonnement bien trop considérable pour être résumé de manière entièrement satisfaisante (cinquante-sept titres composés pour Trash Yéyé, 2007 et plus encore pour La Superbe), chacun pourra déplorer telle ou telle omission regrettable (au hasard, A House Is Not A Home, Mon Amour M’A Baisé ou Si Tu Suis Mon Regard) ou s’étonner de voir un double album amputé de l’intégralité de son deuxième volume. Et même si on trouve finalement peu de surprises dans ce rendez-vous compilatoire (un seul titre inédit, L’Eau Claire Des Fontaines), l’occasion est toujours bienvenue d’arrêter quelques bilans provisoires et de balayer une dernière fois au passage les pseudo-controverses artificiellement entretenues par quelques esprits sceptiques ou malveillants. On préfèrera donc se concentrer sur les vertus d’un tracklisting globalement pertinent qui, tout en accordant leur juste place aux tubes incontournables qui ont jalonné la carrière de BB et constitué le point d’entrée principal du grand public conquis de haute lutte (Les Cerfs-Volants, Dans La Merco Benz, La Superbe) s’accorde également quelques moments de flânerie dans les chemins de traverse plus méconnus de cette œuvre déjà immense, pour finir par tracer des voix de passage inattendues et des raccourcis saisissants entre des chansons que le temps avait jusqu’à présent tenu à bonne distance les unes des autres.


Ainsi en est-il de l’enchaînement émancipé de la chronologie de Qu’Est-Ce Que Ça Peut Faire ?, Bien Avant et La Ballade du Mois De Juin – extrait de Home (2004), ce superbe prolongement musical de l’harmonie conjugale fugace en compagnie de Chiara Mastroianni – qui confère une dimension tragique supplémentaire à un triptyque retraçant à rebours la faillite annoncée des sentiments amoureux. Au fil de ces chansons pourtant familières, on reste une fois de plus bouche bée devant une capacité jamais prise en défaut à tirer le meilleur parti des compétences exceptionnelles d’arrangeur, issues d’une formation classique depuis bien longtemps digérée, et qui l’autorise à disposer ces entrelacs de cordes sans jamais sombrer dans les digressions pompières. On pourra également apprécier le souci constant de ce grand fan de hip-hop d’accueillir de plain-pied au sein de son univers personnel les fragments extérieurs de la modernité sonore, en intégrant à son répertoire les bribes de références subtiles et parfois indétectables : le sample de River Of No Return sur Les Cerfs-Volants ; le clin d’œil à The Smiths à la fin de Qu’Est-Ce Que Ça Peut Faire ? (“Il y a cette lumière qui ne s’éteint jamais” en écho à There Is A Light That Never Goes Out). Enfin, on pourra une dernière fois mesurer le caractère profondément injuste du procès en nombrilisme autrefois instruit à l’encontre de Benjamin Biolay par les pourfendeurs ricanant d’une nouvelle variété hexagonale mal inspirée auquel il fut, à tort, associé. Certes, il excelle souvent dans le registre de la confession intimiste, comme en témoigne Ton Héritage, le plus beau et le plus triste des avertissements adressé par un père à son enfant depuis The End Of The Rainbow (1974) de Richard Thompson. Mais il a également exprimé depuis bien longtemps un regard personnel et acéré sur l’état du monde qui fait, par exemple, de À L’Origine le résumé critique sans doute le plus pertinent de la déliquescence géopolitique et morale de ce début de XXIe siècle. Convenablement disposé au pied du sapin, ce Best Of devrait donc achever d’édifier les plus récents des convertis tout en aiguisant l’appétit des anciens disciples jamais rassasiés.

Matthieu Grunfeld

http://www.magicrpm.com/a-lire/chronique/benjamin-biolay/best-of

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Flo86
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Lun 5 Déc 2011 - 19:46

Interview loto
Benjamin Biolay: "Le vide artistique m'angoisse"
http://www.lexpress.fr/styles/monde-des-stars/benjamin-biolay-le-vide-artistique-m-angoisse_1058119.html
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Vava3003
si loin de chez moi, je ne comprends pas pourquoi mon coeur s'emballe comme ça



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MessageSujet: l'express loto Mar 6 Déc 2011 - 1:00

Benjamin Biolay: "Le vide artistique m'angoisse"
http://www.lexpress.fr/styles/monde-des-stars/benjamin-biolay-le-vide-artistique-m-angoisse_1058119.html
Par Paola Genone, publié le 05/12/2011 à 15:42, mis à jour à 15:43

A l'occasion de la sortie de son premier best of, le chanteur-compositeur s'est prêté au jeu de notre interview loto. Il a choisi cinq numéros dans une grille de 49, chacun correspondant à une question.

Quelle est la question que l'on vous a le plus souvent posée ?

Si je me prenais pour Serge Gainsbourg. On me l'a demandé mille fois. Et la réponse a toujours été: "Non, il n'y n'aura jamais un deuxième Gainsbourg!" Cette comparaison me met mal à l'aise et je trouve cruel de poser ce genre de questions à un chanteur.

Une proposition inavouable d'un fan...

De m'épouser. Mais, j'ai mieux: une dame de 75 ans voulait à tous prix m'adopter.

Aviez-vous des posters dans votre chambre d'adolescent ?

J'en avais un de Marilyn Monroe, un des Beatles, et un de l'album Meat is Murder des Smiths, où l'on ne voit pas leur visage. C'était dans un appartement où j'habitais seul. Je suis parti de chez moi à 15 ans.

Qu'y a-t-il en vous de Johnny ?

Il fait partie de ces musiciens-acteurs qui avancent avec fougue, qui livrent une sorte de combat, une entreprise personnelle assez violente -on voyage beaucoup, on vit beaucoup dans la solitude. Je ne connais pas Johnny, mais comme lui, j'aime être très occupé, avoir des perspectives. Le vide professionnel, artistique, m'angoisse.

Une chanson d'amour est-elle forcément triste ?

On peut faire une chanson positive sur une histoire d'amour qui dure toute la vie, mais quand on est rongé par le sentiment amoureux, quand l'amour se meurt, on ne peut que faire une chanson nostalgique, forcément triste.

Et la question complémentaire. Faites un voeu. Une chanteuse vous chante une berceuse aux pieds de votre lit. C'est...

Lauren Hill. Je l'aime. C'est ma chanteuse préférée avec Amy Winehouse, qui me bouleversait.
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lili
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MessageSujet: express scène française Mer 7 Déc 2011 - 10:42

merci, dans (et sur l'express) toujours, photos et topo de la nouvelle chanson française 10 ans après

.

Top of the potes: rencontre avec les grands leaders de la "nouvelle scène française"



Dix ans après leur éclosion, les grands leaders de la "nouvelle scène française", Camille, Benjamin Biolay, Vincent Delerm et les autres prennent la pose en exclusivité pour L'Express. Le temps des copains, le temps du premier bilan.

C'est la photo de classe, dix ans après, de la promo 2001-2002. Une génération d'auteurs, compositeurs et interprètes qui a surgi comme un antidote aux candidats préfabriqués de la Star Academy. Réunis sous le label "nouvelle nouvelle chanson française" ou "nouvelle scène", Vincent, Camille, Keren et les autres n'avaient pourtant pas grand-chose en commun, sinon le fait d'émerger simultanément, d'avoir entre 20 et 30 ans, et de chanter leur vie d'une façon décomplexée. Comme, avant eux, l'avaient fait Souchon, Chatel, Simon, Jonasz et tous ces cadors de la "nouvelle chanson française".

Leurs premiers albums avaient le charme de la première fois, des brouillons bouillonnant de leurs CD à venir. Très vite, le tam-tam de leurs états d'âme a résonné, des Victoires de la musique aux plateaux de télévision. D'où tableaux d'honneur et disques d'or, d'un côté; attaques et caricatures, de l'autre. Magyd Cherfi, ex-Zebda, a même consacré, en 2007, une rengaine ironique au phénomène des chanteurs bobos: Bénabar ou Delerm.

Depuis, une décennie a coulé sous le pont de la chanson. Chacun a creusé son style. Certains ont décidé de chanter en anglais, provoqué des embardées vers le cinéma ou le théâtre.

Des amitiés sont nées à l'intérieur de cette bande, bientôt rejointe par Cali ou Olivia Ruiz. Et des inimitiés: Bénabar n'a pas souhaité se joindre à cette photo de groupe réalisée en exclusivité pour L'Express. Durant la séance, Camille a fait des abdos, Keren Ann a invité ses collègues à danser, Sanseverino et Benjamin Biolay ont lancé des vannes, Jeanne Cherhal a joué de l'"air guitare". Quand ils ont entonné Michèle, de Gérard Lenorman, c'est Vincent Delerm qui a soufflé les paroles. A chacun ses trucs, à chacun son portrait.


Vincent Delerm, fort en t'aime

Une série de chansons de chambre dans l'air du temps et de Ménilmontant, portées par un tube piano-voix (Fanny Ardant et moi) l'ont propulsé d'emblée, en 2002, au sommet. Le public applaudit sa mélancolie joyeuse et la cinéphilie qui teinte ses textes - son mémoire de maîtrise de lettres portait sur "Le cinéma de François Truffaut est-il littéraire ?". Très vite le nom de Delerm fils est sur toutes les lèvres. "A un moment, j'étais même devenu pour beaucoup le mec énervant", analyse-t-il. L'ami Vincent a su se révolutionner en tentant des exercices plus électriques façon Divine Comedy. Mais pas que. Tourné depuis toujours vers la lumière et les théâtres, ce citadin vagabond photographie la ville (un livre, Probablement), écrit des pièces et des spectacles avec monologues, chansons et vidéos. Le dernier s'intitule Memory: "L'histoire de Simon, un névrosé, un angoissé, et de son rapport au temps. Le passé m'intéresse, non pas sous l'angle nostalgique, mais parce que les événements justement passés sont concrets et précis." C'est dit.

Memory. Au théâtre des Bouffes-du-Nord, Paris (Xe), jusqu'au 30 décembre. Et en tournée.

Livre-CD pour enfants: Léonard a une sensibilité de gauche (toto Ou tartare).



Sous le charme de Keren Ann

Tout l'atteint, tout l'intéresse. C'est une chanteuse de la délicatesse, impressionniste, solennelle, indépendante, célébrée dès ses débuts par une victoire de la musique, en 2001. Keren Ann Zeidel a su construire une oeuvre qui ne ressemble qu'à elle et où ses six albums en solo, principalement folk et chantés en anglais, côtoient un opéra, des musiques de film, un groupe formé en parallèle, Lady & Bird. Et des chansons écrites pour Henri Salvador, Emmanuelle Seigner, Sylvie Vartan... "Je n'ai jamais cédé à des compromis, je n'ai jamais eu à choisir, lance-t-elle. Le fait d'appartenir à la chanson me semble un peu abstrait, moi qui ne suis arrivée en France qu'à 11 ans, ne parlant pas un mot e la langue. Ma culture n'est donc pas d'ici, mais je me sens proche d'une esthétique française." Paris -et aussi Tel-Aviv et New York, où elle a vécu- est sa boussole. Ainsi navigue Keren Ann, entre le charme de Françoise Hardy et la simplicité de Carole King.

101 (EMI). Au Trianon, Paris (XVIIIe), le 13 février 2012. Et en tournée.



Benjamin Biolay, unique et multiple

La France a fredonné Jardin d'hiver, qu'il a coécrit avec Keren Ann pour Henri Salvador, en 2001, avant de faire sa connaissance via son disque Rose Kennedy. Ni dandy ni indolent, ou alors à mi-temps, Benjamin Biolay, formé au conservatoire de Lyon, a insufflé à la chanson son goût d'esthète, son sens des mots, ses amours modernes. Sentinelle sensuelle et rebelle, il a, en dix années, vécu cent vies d'artiste. Albums, bandes originales de films, collaborations avec Juliette Gréco, Françoise Hardy, Carla Bruni... C'est un auteur, compositeur, arrangeur, réalisateur, sans modèle ou presque. Biolay, c'est l'art d'être multiple et unique. "J'ai cette obsession d'évoluer continuellement, d'enrichir modestement la chanson française", souffle-t-il. Le cinéma, qui a l'oeil sur lui depuis Stella (une nomination aux Césars), ne le lâche plus. "La chanson, le cinéma, ce sont des métiers qui s'attirent les uns les autres, non?" La preuve.

Best of (Virgin/Naïve).



Jeanne Cherhal


Elle est changeante et malicieuse. Aérienne, caustique, inspirée. "Je ne suis pas très fidèle, dit-elle. En vraie girouette, j'ai des envies différentes à chaque disque." Un jour piano, le lendemain guitare. Ou l'inverse. C'est la vie de Jeanne Cherhal depuis son premier essai, en 2002. A l'époque, la Nantaise s'échappe tout juste de l'université bardée d'une maîtrise de philosophie - sujet: "Le poème en prose chez Max Jacob". Au gré de ses albums, elle a chanté les voisins intempestifs ou les petites filles transies et des textes plus engagés sur le voile, l'excision, la garde à vue. "Je donne chaque fois un point de vue personnel. Je suis une narratrice observatrice." Des éditos chantés postés sur Internet ont fait entendre sa voix sociale et politique. Par exemple: un titre inspiré d'un fameux SMS, Si tu reviens, j'oublie tout, ou une réponse au tube de Colonel Reyel, Aurélie, à propos de l'IVG. "Réagir d'une façon spontanée et en musique, c'est ce que je sais faire de mieux." Au printemps, Jeanne donnera une série de "performances pianistiques top secrètes". Alors chut.

Charade (Barclay). En tournée en mars.



Les (contre-)chants de Camille

Libre et frondeuse, l'art du contre-chant, du vertige vocal, du grain de folie. Camille bouscule les conventions depuis Le Sac des filles, sorti en 2002. Il n'y en a qu'une comme elle, capable d'aligner des diplômes de lettres et de Sciences po Paris et de tenir la note (un si) sur tout un album, Le Fil. Avec Camille (Dalmais), on écoute l'amour courtois des trouvères (Ilo Veyou), des chants sacrés dans des chapelles ou la musique des percussions corporelles. "Je donne à chaque exercice sa valeur, analyse-t-elle. Mes disques m'ont appris à être en phase avec l'énergie; les concerts, à lâcher prise. Le chant sacré est un rendez-vous, un repère inestimable pour moi." Camille, en recherche perpétuelle, poursuit en chanson une réflexion sur le sens et le son. Elle tourne en ce moment pour Arte un documentaire autour du chant et ce qu'il raconte sur le monde et les gens. "J'expérimente", résume-t-elle. Prochain défi: jouer La Dame de la mer, d'Ibsen, au printemps.

Ilo Veyou (EMI). Au Café de la Danse, Paris (XIe), du 12 au 18 décembre. Et en tournée.



Sanseverino sentimentalo-rigolo

Vêtu de mille références et d'autant de mots d'esprit, (Stéphane) Sanseverino a déboulé, à 40 ans, avec un disque effervescent, Le Tango des gens, en 2001. La chanson découvre alors son parcours en zigzag: troupe formée avec "Papy", le prof d'improvisation de Jamel, comédien, membre du groupe de jazz manouche les Voleurs de poules (Tu sens les poivrons)... C'est en concert que Sanseverino va montrer son savoir-faire, récompensé par une victoire de la musique (révélation scène). "J'adore tourner et donner du bon temps aux gens." Ses albums ont vadrouillé du swing au big band, du rock au bluegrass et ses morceaux ont été traduits en italien et en japonais. Parfois, le rire de Sanseverino se casse lorsqu'il parle du prolétariat ou de la mort d'un SDF... En 2010, pour les élections régionales, on trouvait son nom sur la liste parisienne d'Europe Ecologie. "Oui, mais en pousse-liste." Bricolo-rigolo, il assure que, si la musique n'avait pas marché, il aurait fait des crêpes.

Les Faux Talbins (Sony Music). En tournée.

http://www.lexpress.fr/culture/musique/top-of-the-potes-rencontre-avec-les-grands-leaders-de-la-nouvelle-scene-francaise_1058515.html

très chouettes photos :

http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/culture/musique/top-of-the-potes-photo-de-classe-de-la-nouvelle-scene-francaise_1058487.html?p=3








photos Pierre-Emmanuel Rastoin et Audray Saulem

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making of de la séance



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Vava3003
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mar 13 Déc 2011 - 12:54

Benjamin Biolay: «Il est temps que je redevienne égocentrique»

D'auteur respecté pour son exigence, Benjamin Biolay est devenu un producteur recherché.

Le chanteur, auteur français le plus couru actuellement, publie son premier best of...
En quinze ans de carrière, Benjamin Biolay est passé du statut de petit génie aux textes abscons à celui de producteur-compositeur archi-courtisé. Alors que sort son premier best of, il jette un regard amusé sur son parcours: « C'est intéressant parce que je n'ai jamais chanté de tubes. Ma trajectoire n'est pas droite. J'ai une carrière d'accidents et ça me plaît assez. C'est étrange parce que j'ai l'impression d'être un musicien assez déterminé, qui sait où il veut aller.» Depuis son coup d'essai éclatant, «Jardin d'hiver», composé avec Keren Ann pour Henri Salvador en 2000, Benjamin Biolay a beaucoup enregistré pour lui-même (six albums), mais surtout pour les autres. A son palmarès, des femmes surtout. Et pas mal de collaborations atypiques: Elsa, Sylvie Vartan, Isabelle Boulay, Carla Bruni…

Tête de gondole chic

Il a aussi conçu des albums pour Julien Clerc, Elodie Frégé, Coralie Clément. Tout le spectre de la chanson française, de la plus exigeante à la plus populaire. «Comme je suis multi-instrumentiste, je suis plutôt une bonne affaire, plaisante Benjamin Biolay. J'ai toujours reçu pas mal de propositions mais bien sûr, ça s'est accéléré depuis «La Superbe».» Le succès de ce double album, critique (deux Victoires de la musique) et public (double disque de platine) pourrait transformer Biolay en tête de gondole pour albums en mal de directions artistiques. Même si, en gentleman, il refuse de citer les noms, il a ainsi reçu quelques propositions loufoques. «Mais globalement, les gens se méfient de moi parce qu'ils savent que s'ils m'engagent, ils auront un mec un peu pénible dans les pattes.»

De toute façon, entre les tournages de cinéma, son nouveau hobby qui lui prend de plus en plus de temps, et la préparation de son nouvel album, Benjamin Biolay va arrêter pour plusieurs mois de produire pour les autres. Actuellement en tournage en Argentine avec Benoît Magimel, il entrera en studio cet hiver. «Il est temps que je redevienne un peu égocentrique.»

20mn du jour
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éphèse




Humeur : « Ne fermez pas votre coeur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi....
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MessageSujet: le monde Ven 13 Jan 2012 - 18:14

Gréco & Biolay, les superbes :

http://www.lemonde.fr/m/article/2012/01/13/greco-biolay-les-superbes_1628694_1575563.html

Gréco & Biolay, les superbes

Elle est une légende, il lui a écrit des chansons. Ils aiment la vie, les mots et la musique. Elle s'apprête à sortir un album, il vient de terminer un film. Rencontre entre deux artistes épris de liberté.

Par Yann Plougastel / Photos Serge Leblon

Madame Gréco aime les mots. Elle les chante aujourd'hui dans un élégant album, Ça se traverse et c'est beau..., à la gloire des ponts de Paris, où elle installe en l'espace d'une poignée de refrains quelques coins de ciel bleu dans notre monde tourmenté. Depuis qu'elle a commencé à chanter dans une France tout juste libérée, Mme Gréco le dit avec une simplicité touchante : "Je suis là pour servir les seigneurs que sont les écrivains et les musiciens. Puisqu'il n'y a plus d'après à Saint-Germain-des-Prés, tout en continuant à célébrer Prévert, Vian, Queneau, Desnos, Aznavour, Gainsbourg, Ferré, Sartre, elle interprète désormais des textes de Philippe Sollers, François Morel, Jean-Claude Carrière, Marie Nimier, Gérard Duguet-Grasser, Amélie Nothomb, nouvelles figures du monde des refrains et des lettres. Tantôt mutine, tantôt dramatique, cette longue dame brune que l'on qualifie, dans les encyclopédies, d'ambassadrice de la chanson française, oscille toujours entre allure canaille et autorité caressante. Elle est comme elle est, Mme Gréco. Sans regrets ni remords. Raymond Queneau l'appelait "la rose noire des préaux de l'école des enfants pas sages". Et Jean-Paul Sartre disait d'elle : "Elle a des millions dans la gorge, des millions de poèmes, qui ne sont pas encore écrits, dont on écrira quelques-uns. On fait des pièces pour certains acteurs, pourquoi ne ferait-on pas des poèmes pour une voix ?" Après avoir publié en 1982 Jujube, une magnifique autobiographie, elle poursuit aujourd'hui l'histoire de sa vie dans Je suis faite comme ça, dont le titre sonne comme le manifeste d'une éternelle amoureuse des beaux jours, de la lumière de la Méditerranée, des corps et des coeurs des hommes. Pour fêter ses quatre-vingt-cinq printemps, elle sera dans son immuable robe noire sur la scène du Châtelet, à Paris, pour chanter comme toujours : Je suis comme je suis.

NOUS AVONS PROPOSÉ À BENJAMIN BIOLAY DE DIALOGUER AVEC JULIETTE GRÉCO, parce qu'il incarne la jeune garde de cette chanson française dont elle a porté les couleurs partout à travers le monde. Ils se connaissent bien puisqu'ils ont travaillé ensemble sur le précédent album de la chanteuse, Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez... Comme s'il s'agissait d'un passage de témoin entre l'interprète des Feuilles mortes et l'auteur-compositeur de La Superbe, refrain emblématique de nos années de crise. Ce jour-là, Paris se préparait à fêter Noël. Benjamin arrivait juste de Buenos Aires, où il venait de tourner dans un film. Juliette avait quitté sa thébaïde de l'Oise. Comme un fils attentionné, un peu intimidé, il était plein de respect pour la femme brune qui, assise à côté de lui dans un profond canapé, le taquinait et lui expliquait en riant que la gent féminine ne pouvait rester insensible à son charme. Chacun but son thé. Benjamin prit des nouvelles de Gérard Jouannest, à la fois mari et pianiste de Juliette depuis près de trente ans, après avoir été le complice de Jacques Brel, un immense musicien à la modestie légendaire. Juliette parla de Philippe Sollers. Et ce furent deux heures d'une conversation piquante, caustique, sensible, élégante, drôle, parfois grave, toujours intelligente, autour du temps qui passe, de la vie qui va, des amours qui trébuchent, des petits malheurs, des grandes tragédies, de ces refrains qui tournent la tête des filles, bref, de ces deux ou trois choses qui préoccupent le monde. A la fin, Juliette ne donna qu'un seul conseil à Benjamin : "Il faut savoir dire non. Et merci."

On a l'impression que l'interprète de Je suis comme je suis et l'auteur-compositeur de La Superbe ont bien des points en commun. Vous avez d'ailleurs travaillé ensemble sur l'album Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez... en 2004. Qu'est-ce qui vous lie ?

Juliette Gréco. Nous avons effectivement travaillé ensemble et avons fait de la belle ouvrage. L'amour des mots et le respect du public nous ont réunis. Benjamin m'a écrit cinq chansons, dont Déjeuner au soleil. Ensuite, il s'est envolé. Et c'est très bien comme ça, très bien... Pour mon grand bonheur d'interprète, j'ai la chance d'être sollicitée par une génération de nouveaux poètes. Jeunes ou moins jeunes, ils sont surtout modernes, vivants, engagés dans leur monde ; les yeux et les oreilles grands ouverts. Orly Chap, Abd Al Malik, Miossec, Marie Nimier et, bien sûr, Benjamin me sont proches. Benjamin fait une carrière multiple et il n'a pas fini, il commence ! C'est passionnant pour une femme comme moi de voir ce qu'un jeune homme comme lui, déjà extrêmement affirmé et volontaire, fabrique de lui-même. Et puis, vous savez, Benjamin a un grand pouvoir sur la femme, en général...

Benjamin Biolay. Nous ne nous sommes pas revus depuis 2004. Mais je me rappellerai toute ma vie le jour où j'ai rencontré Juliette pour la première fois. C'était le 22 avril 2002, le lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, où Jean-Marie Le Pen était arrivé en deuxième position, devant Lionel Jospin. J'avais l'impression que c'était la fin de la pensée, de la politique, de tout. Dans le restaurant où nous avions rendez-vous, je me suis trouvé face à une femme vivante, en pleine forme, qui s'énervait comme moi. Je l'ai pris comme un signe du destin, en pensant : " Tu vois, ce n'est jamais mort. "

J. G. J'étais en pleine forme, moi ? Non...

B. B. Si, si...

J. G. Non. Mais vivante.

B. B. Très vivante. (Rires) Nous n'avions parlé que de cette élection et de la vie, pas du tout de musique.

J. G. Il faut vivre et avancer. Ne jamais rendre les armes. Pourquoi est-ce que, tout à coup, nous n'aurions plus faim ? Moi, j'ai faim tout le temps, tout le temps, tout le temps. Je ne mange pas, mais j'ai faim. Je suis vite rassasiée de nourriture mais, du reste, jamais, même si je vois le temps passer avec, euh... avec terreur, parce qu'il passe vite. Je me battrai jusqu'à mon dernier jour pour le bonheur, contre la terreur, le terrorisme intellectuel, l'indifférence et la privation du seul trésor qu'il nous faille préserver à tout prix : la liberté. Liberté d'exister comme nous le désirons, de penser, de rire, de donner, d'échanger et d'aimer sans contrainte.

La nouvelle génération de chanteurs/chanteuses a-t-elle les mêmes références que vous ?

J. G. J'aime beaucoup Olivia Ruiz. En dehors de Benjamin, il y a Abd Al Malik, un homme de lumière. Il a été délinquant et sait de quoi il parle. Maintenant, il est tourné vers la religion, ce qui ne me dérange pas, car c'est un homme de paix. Il est amoureux de la langue française et il écrit pas mal du tout. Comme il a la peau noire, c'est extrêmement important, extrêmement ! Grâce à lui, tout un jeune public comprend ce que parler veut dire et saisit que la langue française, ce n'est pas si mal que ça...

Vous arrive-t-il de chanter dans une langue étrangère ?

B. B. Lorsque vous chantez à l'étranger, vous réalisez que les gens attendent que le concert soit intégralement en français. J'ai eu l'occasion d'écouter Charles Aznavour à Buenos Aires et j'ai constaté que, lorsqu'il interprétait des morceaux en espagnol, le public était moins touché que lorsqu'il chantait La Bohème en français.

J. G. Ah, je me suis fait critiquer par la presse une fois, au Japon, parce que j'avais enregistré deux chansons en japonais. Qu'est-ce que je n'avais pas fait là ! Quelle déception ! Mais ce fut plutôt réjouissant. Il vaut mieux ne pas essayer, Maurice Chevalier, ça suffit comme ça. (Rires)

B. B. Justement, quand je chante en anglais, cela sonne un peu comme Maurice Chevalier. Les Anglais trouvent ça charmant, moi, je me sens grotesque... C'est comme si Paul McCartney venait faire un concert en français : on le sifflerait tous !

Pour chacun d'entre vous, en dépit des nouvelles technologies et des nouvelles façons d'écouter la musique, il semble que la scène reste le lieu idéal pour la chanson...

J. G. La scène, c'est mon lit... Mon lit et mon pays. Donc, je suis bien, là. Jusqu'à ce qu'ils arrivent... Quand ils arrivent, je suis un peu moins bien, un petit peu moins à l'aise, on va le dire comme ça... Mais, la scène, oui, c'est pour cela que je chante. J'y éprouve de très grands bonheurs. Benjamin, vous avez déjà goûté au silence du public ?

B. B. C'est un plaisir merveilleux que j'ai découvert il y a trois ou quatre ans. Avant, j'étais encore trop impressionné, et ça se mêlait à un sentiment d'imposture.

J. G. On n'a plus les pieds sur terre, en tout cas, on ne sait plus qu'on a les pieds sur terre... Ni un homme ni une femme ne peuvent remplacer ça. Cela ne dure pas longtemps, mais quand on y a goûté, c'est...

B. B. Une addiction ?

J. G. Ah, oui !

Et que se passe-t-il ensuite, le spectacle achevé ?

B. B. L'envie de mourir dans sa chambre d'hôtel ! (Rires) On vit un grand moment de solitude. De tels plaisirs, cela ne peut que coûter cher, très cher.

J. G. Très ! C'est une drogue.

B. B. Donc, passé le grand shoot, il y a la descente...

J. G. Je ne me suis jamais droguée parce que je n'en ai jamais eu besoin, tellement ces moments sont forts. Vous vous dites que, avec le temps, cela n'arrivera plus jamais. Et puis cela surgit, à nouveau. Voilà pourquoi on continue...

En chantant, vous jouez beaucoup avec vos mains.

J. G. François Morel a écrit dans un très joli texte : " Oh Gréco, ça va. Mais ses mains... Ses mains... ". Il en parle comme de deux personnes, accompagnant une troisième. C'est drôle. Mais cette danse des mains m'est indispensable. Lorsque je suis en scène, ça circule partout et ça sort par là (dit-elle en montrant ses doigts). Par là aussi, mais par hasard (en désignant sa bouche). (Rires) Je n'ai pas de corps, moi, ça me sauve quand même pas mal, je suis cachée.

B. B. C'est le minimalisme le plus maximal que j'aie jamais vu.

J. G. Un lapin blanc !

B. B. Je ne le vois pas tout à fait comme ça... (Rires)

Juliette, dans votre livre Je suis faite comme ça, vous comparez la chanson au théâtre...

J. G. Une chanson est une oeuvre théâtrale. Une bonne chanson est une pièce de théâtre qui dure deux minutes et demie, avec un premier acte, un deuxième acte et un troisième acte au minimum ! On peut parfois choisir un texte pour ce qu'il dénonce, ce qu'il défend, mais aussi pour un simple instant de plaisir, la pure beauté de la chose. J'ai enregistré certains poèmes d'Aragon ou d'Eluard, d'autres encore, juste pour ça. Je préfère prendre des textes que j'aime, que je sens, qui me conviennent, et me mettre à leur service. J'aime les beaux mots comme on aime un tableau. J'aime la couleur des mots, leur puissance. Leurs secrets, aussi.

B. B. Je conçois effectivement une chanson comme un petit film ou une pièce...

J. G. Il faut qu'il y ait une construction.

B. B. En voyant Juliette "faire monter la sauce", pour parler trivialement, avec une introduction, un développement - faut-il parler d'actes ou de tableaux ? Peu importe -, je me suis rendu compte de la nécessité d'être acteur de la chanson. Il est très particulier de la voir transformer une chanson. Dans la même chanson, elle peut interpréter une mélodie d'une voix très douce et d'un coup, tonner, parce qu'elle le sent.

J. G. J'ai un sale caractère.

B. B. En plus ! (Rires)

J. G. Ecrire une pièce de théâtre en deux minutes trente ou trois minutes, ce n'est vraiment pas facile, c'est un art. Gainsbourg disait que c'était un art mineur, moi je crois qu'il voulait dire que...

B. B. ... "A part moi, il s'agit d'un art mineur"...

J. G. ... Non... Je pense qu'il voulait dire que, finalement, c'est extrêmement difficile. Etre parolier relève d'un artisanat délicat. Il faut que cela soit court, mais beau !

D'une façon assez surprenante, vous avez été tous les deux victimes de la censure au cours de votre carrière.

J. G. Plein de fois ! Heureusement ! C'est emmerdant pour les auteurs, mais cette reconnaissance-là est assez réjouissante. D'une part, elle prouve la bêtise du censeur. De l'autre, ce qui est beaucoup plus bête, elle suscite une très bonne publicité. En 1957, La Complainte de Raymond Queneau a été censurée parce qu'elle comportait dix-sept fois le mot " con ". L'année suivante, Qu'on est bien de Guy Béart a été jugée trop érotique. Je n'ai jamais pensé qu'il était dangereux de chanter : "Qu'on est bien/ Dans les bras/ D'une personne du genre qu'on n'a pas/ Qu'on est bien dans ces bras-là." En 1967, "Déshabillez-moi, déshabillez-moi/ Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite" a été interdite de diffusion pendant plusieurs mois... Je ne renoncerai jamais à chanter ce qui me plaît, ce que j'aime, ce que je crois utile aussi.

B. B. C'est pernicieux, parce qu'on est très fier, quand on est censuré.

J. G. Très ! (Rires)

B. B. Parfois, on me demande de changer un mot... Dans ces cas-là, je refuse. Il ne s'agit pas de chansons cochonnes, même pas grivoises, juste avec une connotation un peu sexuelle... C'est idiot, parce que la chanson ne passe nulle part, mais je me suis dit, lors de l'incident avec Dans la Merco Benz : "Ben voilà, j'ai réussi à les bouger, ces imbéciles." Sans le faire exprès, un mot coince, alors qu'il s'agit simplement d'utiliser un terme un peu dur pour dire quelque chose de très tendre à quelqu'un. Si la personne qui m'aime m'appelle "mon petit connard", je sais très bien que c'est affectueux.

J. G. Tout dépend de l'intonation (Rires). C'est tout le bonheur de l'interprète, ça !

Vous n'hésitez d'ailleurs pas à modifier l'interprétation d'une chanson. L'exemple le plus célèbre reste Ne me quitte pas de Jacques Brel.

J. G. Je n'aime pas l'interprétation de Brel. On dirait un mec qui se traîne, largué comme une merde. C'est parce que j'aime Brel que j'ai voulu montrer que ce n'est pas ce qu'il voulait dire et que cette chanson pouvait se donner autrement. Je préfère ma version. Je la chante à l'envers. Sur le mode : "Tu me quittes, d'accord, mais tu vas voir ce qui va t'arriver."

B. B. Lorsque Juliette la chante sur scène, elle tabasse.

J. G. Les femmes sont plus violentes que les hommes... Jacques était un homme étrange, un peu compliqué, mais pas du tout violent. C'était un inquiet, un spectateur formidable, un homme de son temps, qui passait les êtres et les événements aux ultraviolets, un dessinateur.

B. B. Léo Ferré était plus agressif ?

J. G. Absolument... Ferré, c'était une bête féroce.

B. B. Brassens me semble plus délicat.

J. G. Extraordinairement. C'est fou ! C'était un travailleur de force qui reprenait ses chansons pendant des heures et des heures. Il a tout de suite compris que, si on écrit pour moi en imaginant ce que je suis, on se trompe régulièrement. Donc, il a préféré me permettre d'interpréter ses propres chansons comme L'Auvergnat ou Le Temps passé dont le refrain dit : "Il est toujours joli le temps passé/ Une fois qu'ils ont cassé leur pipe." Ce qui n'est pas vraiment un langage de dame.

Avec le recul, comment voyez-vous vos carrières respectives ?

J. G. On m'aime mieux maintenant. Mais j'ai connu des années très difficiles. Je leur ai fait peur longtemps. Parce que je suis orgueilleuse, que j'ai horreur de faire des singeries pour faire plaisir.

B. B. Maintenant, je suis plus fier de mon parcours. C'est l'avenir, tout ce que je n'ai pas encore fait, qui m'intéresse. Avec le temps qui passe, j'ai acquis plus d'instinct, je me sens moins superficiel. Mais, au départ, il est obligatoire de se sentir fort.

J. G. Cela aide, bien sûr. Mais moi, je n'ai jamais été sûre de rien. Cela m'a permis de progresser, de chercher, toujours et tout le temps. Rencontrer les autres, tous ceux qui m'ont tendu la main, c'est magique. J'ai toujours eu l'impression, à de nombreux moments de ma vie, d'être comme un petit chat en train de crever dans le ruisseau, et de me faire attraper par la peau du cou et mettre sur le trottoir comme ça, de côté, sauvée. Par qui ? Par quoi ? Quelquefois, je me dis que c'est mon grand-père qui me protège. Je me reconnais dans la formule de Brel : "Etre vieux sans être adulte." Si l'idée de la mort ne m'angoisse pas, la mort des autres m'angoisse à mourir.

UN DISQUE, UN LIVRE...

Juliette Gréco sort un nouvel album (Ça se traverse et c'est beau..., 1 CD, Deutsche Grammophon, en vente le 23 janvier), ses Mémoires (Je suis faite comme ça, éditions Flammarion, parution le 7 février) et sera au Théâtre du Châtelet les 6, 7 et 8 février, à 20 h 30 (1, place du Châtelet, Paris-1er. Tél. : 01-40-28-28-40).

Le 5 février, à 20 h 40, Théma Arte lui consacre une soirée Juliette, la Gréco, avec Juliette Gréco, l'insoumise, un documentaire d'Yves Riou et de Philippe Pouchain, et la retransmission d'un récital filmé à l'Olympia en 2004. Quant à Benjamin Biolay, il a sorti un best of, sobrement intitulé Best of, chez Naïve.

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Arnkyl
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 14:30

Cette semaine, BB en couverture de Télérama (entre tatie Hardy, Mamie Greco et quelques cousins) pour illustrer un article sur 60 ans de chansons Françaises.

Quelques passages croustillants par BB :

- Un jour mon meilleur pote me dit : "Viens, on va voir le concert d'un mec qui s'appelle Thomas Fersen." J'ai répondu : "Va crever, t'as vu son nom ?" Et j'ai adoré.

- [...] et Bénabar était déjà une bête de scène, alors que moi, j'étais tout pourri.

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lili
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 14:50

sympathique Smile

merci arn'

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Flo86
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 20:13

j'ai récupéré le télérama du boulot je le scanne dès que je peux, suis à fond mais mon actu perso est chaude-brûlante
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lili
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 20:22

merci par avance flo

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Flo86
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MessageSujet: télérama Mer 25 Avr 2012 - 22:57

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Flo86
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 23:04

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Flo86
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 23:09

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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 23:12

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Flo86
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 23:14

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Flo86
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 25 Avr 2012 - 23:17

et la couv' Wink

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Louise




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MessageSujet: Re: {actu} les articles Jeu 26 Avr 2012 - 8:55

Un grand merci Flo pour l'article Wink
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melvil75
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Jeu 26 Avr 2012 - 10:26

Merci Flo
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lebruitdeloeufdur




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MessageSujet: La vie en musique de Benjamin Biolay télérama Sam 28 Avr 2012 - 20:15

http://www.telerama.fr/musique/la-vie-en-musique-de-benjamin-biolay,80731.php



La vie en musique de Benjamin Biolay

ENTRETIEN | A l’occasion du Printemps de Bourges, six chanteurs français emblématiques évoquent leur parcours musical. Aujourd’hui, Benjamin Biolay.

Le 28/04/2012 à 00h00 - Mis à jour le 27/04/2012 à 13h32
Valérie Lehoux - Télérama n° 3250


Les racines
Mon père écoutait du classique toute la journée mais moi, dès le début du collège, j'écoutais d'autres musiques. J'ai très vite aimé Henri Salvador, notre crooner français. Une de mes tantes m'avait offert un disque, quand il signait Henry Cording, avec Va t'faire cuire un œuf, man. Et Trenet, aussi, que j'ai découvert tout petit. Mes parents avaient quelques compilations – genre anthologie de la chanson française que l'on achetait à l'hypermarché du coin. Ce n'était pas de très bonne qualité, mais au milieu, il y avait Charles, que je trouvais magique. Des années plus tard, quand j'ai entendu Catherine Ringer dire qu'elle aimait beaucoup Trenet, j'ai pensé : voilà la matrice, un vieil auteur des années 1940-1950, qui a compris comment écrire en français avec des mots courts.

J'aimais aussi beaucoup les Smiths ou Charlélie Couture. Il voyageait, tentait des choses, essayait de rapper. Ses chansons avaient un début et une fin, et j'adorais ça. Il avait un parti pris arty permanent et ses shows pouvaient être d'une beauté renversante. Chaque fois que j'allais le voir en concert, je me disais : faut que je fasse comme lui, j'adore son job.

Le conservatoire
A 15 ans, j'aurais pu tomber dans l'oisiveté totale. La musique, au contraire, la pratique du violon puis celle du trombone, me faisait travailler, voyager, rencontrer plein de gens. Pour être sincère, j'ai surtout fait le Conservatoire pour obtenir une bourse et voler de mes propres ailes. Quitter Villefranche-sur-Saône et aller vivre à Lyon qui était « la grande ville ». Là-bas, il y avait un orchestre national, la Maison de la Danse... Des lieux qui sollicitaient les meilleurs élèves du Conservatoire pour jouer, et leur donnaient ce qu'on appelle des cachetons. On avait 16-17 ans, et on se retrouvait parfois à gagner 10 000 francs par mois, c'était fou.

Les gens pensent que je suis un peu méprisant vis-à-vis de la chanson, alors que j'ai mené un combat personnel pour qu'il y ait une classe de chanson au Conservatoire supérieur de musique de Lyon ! Ce qui a fini par arriver. Maintenant, ils aident les gens à produire leurs maquettes, ils ont un petit studio... Quand il est parti à la retraite, l'ancien directeur du Conservatoire, un homme très emblématique, a dit : « Je suis fier du parcours de deux élèves : la violoncelliste Anne Gastinel, qui est allée au bout du bout du bout de ce qu'on propose ici ; et Benjamin Biolay, qui a eu son prix mais qui maintenant fait autre chose. Mais c'est de la musique, et il compose. »


Le déclic
Un jour, j'ai accepté un cacheton de trombone pour Nougaro. Lui, il me plaisait à fond, je l'adorais. Au Trianon, à Paris, on a donc joué quatre ou cinq titres, avec Claude. Laurent Boyer animait la soirée. Je lui ai demandé : « Est-ce que je peux vous donner une cassette de démo ? » Il m'a répondu : « Non, je ne vais pas te mentir, je ne l'écouterai pas. En revanche, je viens d'enregistrer un Fréquenstar avec Liane Foly à Lyon, et ses deux producteurs André Manoukian et Philippe Viennet ont monté un petit studio, Les Producteurs, en hommage au film de Mel Brooks, et ils sont prêts à financer des jeunes artistes. Tu y vas de ma part, tu dis que j'ai adoré ta cassette. Même si je ne l'ai pas écoutée, on n'en a rien à foutre, t'as une bonne tête. »

Et là, j'ai pu commencer à avoir un studio un peu quand je voulais en échange de deux ou trois jingles bidon – ils produisaient des pubs. J'ai commencé à être plus sûr de moi, à rencontrer des musiciens. Notamment Hubert Mounier, de L'Affaire Louis Trio. J'ai travaillé sur la réalisation des deux derniers disques du groupe. Un des trois était parti, et Hubert m'a dit : « Vas-y ! » Il m'a confié des responsabilités bien trop grandes pour moi... J'ai appris. Enormément. Dans la souffrance. Mais ma rencontre avec lui a été évidemment essentielle.


L'écriture
J'ai écrit très jeune, à 13-14 ans. J'écrivais des chansons avec mon cousin. Ça m'apportait un monde secret que personne ne connaissait, plus beau que le réel. L'adolescence est une période compliquée de la vie. Mes premières chansons étaient typiques d'un adolescent qui aime bien la poésie, avec déjà une tendance aux gros mots. Casser une jolie phrase avec un truc atroce. A Lyon, je vivais en colocation. Nous étions parfois dix dans l'appartement. Les copines violonistes allaient bosser très tôt le matin, elles avaient besoin de six ou sept heures de gammes par jour. Alors moi, le soir, quand je rentrais, je jouais avec la pédale du piano, je mettais la sourdine et je chantais tout doucement mes chansons en français... Même devant ma petite amie, je n'osais pas chanter. Il m'a fallu des années. Le paroxysme a été ma rencontre avec Keren Ann. Elle me disait : « C'est la première fois que j'entends le français bien sonner » ; et je lui répondais : « C'est parce que je ne chante pas fort. Si je chante fort, tu vas vomir. » C'est une langue difficile. J'ai 39 ans, j'écris depuis que j'ai 14 ans et je commence vaguement à être content.


Le premier album
En fait, je ne voulais pas spécialement chanter. Je voulais faire un disque de producteur-arrangeur à la manière d'un Mitchell Froom avec Suzanne Vega. Je voulais murmurer mes petites histoires et partir dans de grandes envolées de cordes. Je ne voulais même pas ma tête sur la pochette, je voulais une photo de mes pompes ! Quand j'ai décroché la Victoire album révélation, j'étais super content. Pour moi, c'était bien mon album la révélation, pas ma voix. Personne ne pouvait se dire « cette voix-là, les gars, c'est Stevie Wonder ».

La première du métier qui a eu la générosité de me soutenir, c'est Françoise Hardy. En fait, il y en a eu deux : Françoise et... Patrick Bruel. Il est venu me voir après un concert en me disant : « Je ne viens pas là pour t'embêter ou te demander de collaborer, je voulais juste te dire que ton disque, il est mortel, et que ma fiancée et moi on l'écoute en boucle. » C'était dans les loges de l'Olympia, devant des journalistes branchés, morts de rire, qui se disaient « le pauvre, il ne lui arrive que des galères ». Mais j'étais très touché.


Mauvais camarade ?
Dès mon deuxième album, Négatif, on m'a collé l'étiquette « nouvelle chanson » un peu marrante alors que c'était un disque éthéré, folk, pas du tout rigolo. On disait : « Pour ceux qui aiment Bénabar, achetez ça. » Je me disais qu'ils étaient fous... J'ai explosé tout cela, en disant du mal de Bénabar dans les médias, pour qu'on arrête de me ranger dans cette case-là. Mais je me suis très mal exprimé, et Bénabar avait un avantage sur moi : à l'époque, c'était déjà une bête de scène alors que moi, j'étais tout pourri en concert. Au fond c'était un peu la même chose dans les années 1960 : c'était tellement facile de mettre Cloclo et Françoise Hardy sur la même une de magazine alors qu'ils ne faisaient pas du tout la même chose... Et puis Françoise sur scène, c'était un peu comme moi : une planche à pain.

Après, tout est une histoire de goûts et de couleurs. Je n'ai jamais aimé le Big Bazar et je n'ai jamais aimé Bénabar, pourtant Michel Fugain et Bénabar sont de très bons artistes. J'ai toujours été admiratif de ce que faisait Vincent Delerm, en revanche. Et Sanseverino m'intéresse. Il est très sous-estimé alors que c'est un très bon musicien. J'adore sa gouaille.


La superbe
On m'a bêtement comparé à Serge Gainsbourg parce que je n'ai pas beaucoup de voix et que j'ai fait de la musique classique, mais lui est sarcastique, misogyne, il aime les histoires qui finissent très mal. Moi pas du tout ! Je suis romantique, j'aime parler d'amour... Sur La Superbe, j'y suis allé à fond. En général, quand tu fais une chanson, tu vas vouloir toucher soit au cœur, soit aux jambes. Si tu fais une chanson pour danser, tu n'es pas obligé de raconter quelque chose de très profond, peut-être juste une anecdote chouette. Après, quand tu fais vibrer ton propre cœur, tu te rends compte que des gens vont venir te dire merci. Pour La Superbe, au-delà des ventes et des salles pleines (ce que je ne connaissais pas et qui m'a donné des ailes), je retiens surtout cela : ces gens qui sont venus me dire « cette chanson, c'est ma vie. Elle m'a aidé. » Rien ne m'a fait plus plaisir.


Benjamin Biolay en quatre dates

1973 Naissance à Villefranche-sur-Saône
2001 Rose Kennedy, premier album
2009 La Superbe, son plus grand succès, salué par deux Victoires de la musique
2012 Nouvel album à paraître à l'automne
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lili
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Sam 28 Avr 2012 - 20:32

merci
lebruitdeloeufdur a écrit:

Le déclic
Un jour, j'ai accepté un cacheton de trombone pour Nougaro. Lui, il me plaisait à fond, je l'adorais. Au Trianon, à Paris, on a donc joué quatre ou cinq titres, avec Claude. Laurent Boyer animait la soirée. Je lui ai demandé : « Est-ce que je peux vous donner une cassette de démo ? » Il m'a répondu : « Non, je ne vais pas te mentir, je ne l'écouterai pas. En revanche, je viens d'enregistrer un Fréquenstar avec Liane Foly à Lyon, et ses deux producteurs André Manoukian et Philippe Viennet ont monté un petit studio, Les Producteurs, en hommage au film de Mel Brooks, et ils sont prêts à financer des jeunes artistes. Tu y vas de ma part, tu dis que j'ai adoré ta cassette. Même si je ne l'ai pas écoutée, on n'en a rien à foutre, t'as une bonne tête. »

je n'avais jamais entendu cette anecdote, j'aime bien

lebruitdeloeufdur a écrit:
Le premier album
Je ne voulais même pas ma tête sur la pochette, je voulais une photo de mes pompes !

alors pourquoi les avoir laissé changer la sublime pochette pour une tête de bb sur la réédition ???

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éphèse




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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mar 22 Mai 2012 - 19:06

A lire ou à relire : La vie en musique de Benjamin Biolay

source : http://www.telerama.fr/musique/la-vie-en-musique-de-benjamin-biolay,80731.php


La vie en musique de Benjamin Biolay
Entretien | A l’occasion du Printemps de Bourges, six chanteurs français emblématiques évoquent leur parcours musical. Aujourd’hui, Benjamin Biolay.
Le 28/04/2012 à 00h00
Valérie Lehoux - Télérama n° 3250


Les racines
Mon père écoutait du classique toute la journée mais moi, dès le début du collège, j'écoutais d'autres musiques. J'ai très vite aimé Henri Salvador, notre crooner français. Une de mes tantes m'avait offert un disque, quand il signait Henry Cording, avec Va t'faire cuire un œuf, man. Et Trenet, aussi, que j'ai découvert tout petit. Mes parents avaient quelques compilations – genre anthologie de la chanson française que l'on achetait à l'hypermarché du coin. Ce n'était pas de très bonne qualité, mais au milieu, il y avait Charles, que je trouvais magique. Des années plus tard, quand j'ai entendu Catherine Ringer dire qu'elle aimait beaucoup Trenet, j'ai pensé : voilà la matrice, un vieil auteur des années 1940-1950, qui a compris comment écrire en français avec des mots courts.

J'aimais aussi beaucoup les Smiths ou Charlélie Couture. Il voyageait, tentait des choses, essayait de rapper. Ses chansons avaient un début et une fin, et j'adorais ça. Il avait un parti pris arty permanent et ses shows pouvaient être d'une beauté renversante. Chaque fois que j'allais le voir en concert, je me disais : faut que je fasse comme lui, j'adore son job.

Le conservatoire
A 15 ans, j'aurais pu tomber dans l'oisiveté totale. La musique, au contraire, la pratique du violon puis celle du trombone, me faisait travailler, voyager, rencontrer plein de gens. Pour être sincère, j'ai surtout fait le Conservatoire pour obtenir une bourse et voler de mes propres ailes. Quitter Villefranche-sur-Saône et aller vivre à Lyon qui était « la grande ville ». Là-bas, il y avait un orchestre national, la Maison de la Danse... Des lieux qui sollicitaient les meilleurs élèves du Conservatoire pour jouer, et leur donnaient ce qu'on appelle des cachetons. On avait 16-17 ans, et on se retrouvait parfois à gagner 10 000 francs par mois, c'était fou.

Les gens pensent que je suis un peu méprisant vis-à-vis de la chanson, alors que j'ai mené un combat personnel pour qu'il y ait une classe de chanson au Conservatoire supérieur de musique de Lyon ! Ce qui a fini par arriver. Maintenant, ils aident les gens à produire leurs maquettes, ils ont un petit studio... Quand il est parti à la retraite, l'ancien directeur du Conservatoire, un homme très emblématique, a dit : « Je suis fier du parcours de deux élèves : la violoncelliste Anne Gastinel, qui est allée au bout du bout du bout de ce qu'on propose ici ; et Benjamin Biolay, qui a eu son prix mais qui maintenant fait autre chose. Mais c'est de la musique, et il compose. »

Le déclic
Un jour, j'ai accepté un cacheton de trombone pour Nougaro. Lui, il me plaisait à fond, je l'adorais. Au Trianon, à Paris, on a donc joué quatre ou cinq titres, avec Claude. Laurent Boyer animait la soirée. Je lui ai demandé : « Est-ce que je peux vous donner une cassette de démo ? » Il m'a répondu : « Non, je ne vais pas te mentir, je ne l'écouterai pas. En revanche, je viens d'enregistrer un Fréquenstar avec Liane Foly à Lyon, et ses deux producteurs André Manoukian et Philippe Viennet ont monté un petit studio, Les Producteurs, en hommage au film de Mel Brooks, et ils sont prêts à financer des jeunes artistes. Tu y vas de ma part, tu dis que j'ai adoré ta cassette. Même si je ne l'ai pas écoutée, on n'en a rien à foutre, t'as une bonne tête. »

Et là, j'ai pu commencer à avoir un studio un peu quand je voulais en échange de deux ou trois jingles bidon – ils produisaient des pubs. J'ai commencé à être plus sûr de moi, à rencontrer des musiciens. Notamment Hubert Mounier, de L'Affaire Louis Trio. J'ai travaillé sur la réalisation des deux derniers disques du groupe. Un des trois était parti, et Hubert m'a dit : « Vas-y ! » Il m'a confié des responsabilités bien trop grandes pour moi... J'ai appris. Enormément. Dans la souffrance. Mais ma rencontre avec lui a été évidemment essentielle.

L'écriture
J'ai écrit très jeune, à 13-14 ans. J'écrivais des chansons avec mon cousin. Ça m'apportait un monde secret que personne ne connaissait, plus beau que le réel. L'adolescence est une période compliquée de la vie. Mes premières chansons étaient typiques d'un adolescent qui aime bien la poésie, avec déjà une tendance aux gros mots. Casser une jolie phrase avec un truc atroce. A Lyon, je vivais en colocation. Nous étions parfois dix dans l'appartement. Les copines violonistes allaient bosser très tôt le matin, elles avaient besoin de six ou sept heures de gammes par jour. Alors moi, le soir, quand je rentrais, je jouais avec la pédale du piano, je mettais la sourdine et je chantais tout doucement mes chansons en français... Même devant ma petite amie, je n'osais pas chanter. Il m'a fallu des années. Le paroxysme a été ma rencontre avec Keren Ann. Elle me disait : « C'est la première fois que j'entends le français bien sonner » ; et je lui répondais : « C'est parce que je ne chante pas fort. Si je chante fort, tu vas vomir. » C'est une langue difficile. J'ai 39 ans, j'écris depuis que j'ai 14 ans et je commence vaguement à être content.

Le premier album
En fait, je ne voulais pas spécialement chanter. Je voulais faire un disque de producteur-arrangeur à la manière d'un Mitchell Froom avec Suzanne Vega. Je voulais murmurer mes petites histoires et partir dans de grandes envolées de cordes. Je ne voulais même pas ma tête sur la pochette, je voulais une photo de mes pompes ! Quand j'ai décroché la Victoire album révélation, j'étais super content. Pour moi, c'était bien mon album la révélation, pas ma voix. Personne ne pouvait se dire « cette voix-là, les gars, c'est Stevie Wonder ».

La première du métier qui a eu la générosité de me soutenir, c'est Françoise Hardy. En fait, il y en a eu deux : Françoise et... Patrick Bruel. Il est venu me voir après un concert en me disant : « Je ne viens pas là pour t'embêter ou te demander de collaborer, je voulais juste te dire que ton disque, il est mortel, et que ma fiancée et moi on l'écoute en boucle. » C'était dans les loges de l'Olympia, devant des journalistes branchés, morts de rire, qui se disaient « le pauvre, il ne lui arrive que des galères ». Mais j'étais très touché.

Mauvais camarade ?
Dès mon deuxième album, Négatif, on m'a collé l'étiquette « nouvelle chanson » un peu marrante alors que c'était un disque éthéré, folk, pas du tout rigolo. On disait : « Pour ceux qui aiment Bénabar, achetez ça. » Je me disais qu'ils étaient fous... J'ai explosé tout cela, en disant du mal de Bénabar dans les médias, pour qu'on arrête de me ranger dans cette case-là. Mais je me suis très mal exprimé, et Bénabar avait un avantage sur moi : à l'époque, c'était déjà une bête de scène alors que moi, j'étais tout pourri en concert. Au fond c'était un peu la même chose dans les années 1960 : c'était tellement facile de mettre Cloclo et Françoise Hardy sur la même une de magazine alors qu'ils ne faisaient pas du tout la même chose... Et puis Françoise sur scène, c'était un peu comme moi : une planche à pain.

Après, tout est une histoire de goûts et de couleurs. Je n'ai jamais aimé le Big Bazar et je n'ai jamais aimé Bénabar, pourtant Michel Fugain et Bénabar sont de très bons artistes. J'ai toujours été admiratif de ce que faisait Vincent Delerm, en revanche. Et Sanseverino m'intéresse. Il est très sous-estimé alors que c'est un très bon musicien. J'adore sa gouaille.

La superbe
On m'a bêtement comparé à Serge Gainsbourg parce que je n'ai pas beaucoup de voix et que j'ai fait de la musique classique, mais lui est sarcastique, misogyne, il aime les histoires qui finissent très mal. Moi pas du tout ! Je suis romantique, j'aime parler d'amour... Sur La Superbe, j'y suis allé à fond. En général, quand tu fais une chanson, tu vas vouloir toucher soit au cœur, soit aux jambes. Si tu fais une chanson pour danser, tu n'es pas obligé de raconter quelque chose de très profond, peut-être juste une anecdote chouette. Après, quand tu fais vibrer ton propre cœur, tu te rends compte que des gens vont venir te dire merci. Pour La Superbe, au-delà des ventes et des salles pleines (ce que je ne connaissais pas et qui m'a donné des ailes), je retiens surtout cela : ces gens qui sont venus me dire « cette chanson, c'est ma vie. Elle m'a aidé. » Rien ne m'a fait plus plaisir.

Benjamin Biolay en quatre dates
1973 Naissance à Villefranche-sur-Saône
2001 Rose Kennedy, premier album
2009 La Superbe, son plus grand succès, salué par deux Victoires de la musique
2012 Nouvel album à paraître à l'automne


Photo : Laurent Seroussi pour Télérama.
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mar 22 Mai 2012 - 22:38

Amusant et émouvant. Excellente interview. J'aurai préféré cette interview en entier dans le Télérama plutôt que les quelques mots des "six voix qui content".
Merci Ephèse.
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lili
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 23 Mai 2012 - 11:57

oui , elle est presque aussi bien que sur la page précédente cette interview Smile


_________________
. merci pour le grand huit .
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MessageSujet: Re: {actu} les articles Mer 23 Mai 2012 - 22:36

En effet, je n'avais pas vu Laughing
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